La baisse de l’euro et du pétrole ouvre à l’Espagne des perspectives favorables
Il est plus facile de remonter une fois qu’on a touché le fond. Mais la performance de l’économie espagnole l’an dernier demeure malgré tout largement supérieure à celle de ses voisins européens. La progression du PIB au quatrième trimestre, de 0,7% sur trois mois et de 2% sur un an, a dépassé les attentes du consensus (0,6% et 1,9%) et celles de la Banque d’Espagne. Sur l’ensemble de 2014, l’Espagne affiche 1,4% de croissance.
L’économie espagnole est bien positionnée pour profiter de la chute des prix du pétrole et du recul de l’euro. Le pays importe beaucoup plus d'énergie qu’il n’exporte de biens et services vers les pays producteurs de pétrole (membres de l’Opep et Russie), à hauteur de 4 points de PIB environ. Madrid prévoit une diminution de 15 milliards d’euros de sa facture énergétique cette année selon des estimations officielles.
Alors que les prix se sont contractés de 1,5% sur un an en janvier, l’effet pétrole a profité aux ménages. La hausse des dépenses de consommation explique la bonne surprise du quatrième trimestre, selon les économistes. Encore faut-il que cet effet perdure. «La combinaison entre la chute des prix du pétrole, les conditions financières plus accommodantes liées au QE de la BCE, la hausse du sentiment de confiance et une politique budgétaire plus favorable accroîtra la demande domestique dans les trimestres à venir et permettra une nouvelle accélération de la croissance du PIB réel cette année, sans doute au-dessus de 2%», veut croire Antonio Montilla, économiste chez Citigroup. Jacques Cailloux, économiste chez Nomura, en est moins sûr, pointant du doigt l’absence de croissance des salaires.
La baisse des salaires réels en Espagne, moyen imposé au pays pour restaurer sa compétitivité à l’export et résorber son déficit extérieur, a atteint près de 7% entre 2009 et 2013, selon l’OCDE. Le taux de chômage, s’il a reculé de 3 points à 23,7% depuis son pic du premier trimestre 2013, reste encore très élevé, et le taux de participation au marché du travail n’atteint pas 60%.
Quant à la politique budgétaire, elle a été un peu assouplie cette année dans la perspective des élections générales de décembre; mais malgré le redressement de l’économie, Madrid devra encore réduire un déficit attendu à 4,2% en 2015 selon la prévision officielle.
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