La baisse de la liquidité excédentaire est sans effet sur le coût de financement des banques
Le niveau de liquidité excédentaire dans la zone euro a passé un cap symbolique la semaine dernière en tombant à 187 milliards d’euros. L’impact de ce passage sur les coûts de refinancement des banques reste cependant limité.
La baisse du surplus de liquidité s’explique notamment par les remboursements des opérations de refinancement à trois ans des banques (LTRO) lancées par la Banque centrale européenne (BCE) en 2011 et 2012. A ce jour, les banques ont remboursé 228 et 131 milliards d’euros de leurs emprunts. Il leur reste à restituer 259 et 398 milliards d’euros.
C’est la première fois, depuis que la BCE a lancé ses LTRO, que le niveau de la liquidité tombe sous le seuil de 200 milliards d’euros. Celui-ci était surveillé par les économistes car le président de la BCE, Mario Draghi, avait déclaré en début d’année qu’une liquidité excédentaire au-dessus de ce niveau «confirmait que la politique monétaire restait accommodante». Certains s’attendaient donc à une remontée des taux courts une fois le cap des 200 milliards d’euros franchis.
Quelques mois plus tard, beaucoup ont relativisé l’importance du seuil, à commencer par Mario Draghi. Le banquier central a fait valoir dernièrement que le lien entre le niveau de l’Eonia et de la liquidité excédentaire était «très instable», «qu’il n’y a pas de chiffre exact», et qu’il dépend du «niveau de fragmentation». La BCE a par ailleurs affirmé que les taux resteraient bas aussi longtemps que nécessaire et qu’elle maintiendrait ses allocations illimitées de liquidité en 2014.
«La baisse de l’excès de liquidité vers de nouveaux points bas a entraîné une légère hausse du fixing Eonia, mais ce dernier reste à un niveau confortable sous le pic de 10,6 points de base observé en juillet», écrit Frederik Ducrozet, économiste senior chez Crédit Agricole CIB. L’Eonia était hier à 0,096%. «Nous pensons que l’excès de liquidité devrait au moins atteindre les 100 milliards d’euros avant d’impacter durablement l’Eonia», ajoute l’économiste.
Les économistes de Barclays considèrent aussi que «la relation entre le fixing de l’Eonia et le surplus [de liquidité] est moins forte que par le passé». Ils précisent cependant que «les taux Eonia forward sont susceptibles d’augmenter si le surplus tombe rapidement à 150 milliards d’euros», un seuil qui pourrait être atteint d’ici à la fin du mois de novembre.
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