Kraft s’apprête à tester les marchés de dette en euros
Le groupe américain commence aujourd’hui ses présentations aux investisseurs pour refinancer l’acquisition du pôle biscuits de Danone
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Alexandre Garabedian
Kraft Foods vient mettre un peu d’animation dans un marché européen de la dette d’entreprise en sommeil depuis le début de l’année. Le groupe agroalimentaire américain doit entamer aujourd’hui une série de présentations aux investisseurs (roadshows) pour ce qui constituerait sa première émission en euros. Noté Baa2 par Moody’s et BBB+ par S&P, le numéro deux mondial du secteur entend ainsi refinancer une partie du rachat des biscuits de Danone, bouclé fin novembre 2007 pour 5,3 milliards d’euros. L’émission est codirigée par Goldman Sachs, HSBC, JPMorgan, SG CIB et UBS, avec Credit Suisse en soutien.
Il faudra cependant que les conditions de marché se stabilisent pour voir l’opération sortir. Les indices de crédit se sont à nouveau violemment écartés hier, l’indice iTraxx Crossover touchant les 622 points de base (+25 pb) tandis que le Main, reflet de la qualité de crédit des entreprises européennes notées en catégorie investisseur, dépassait encore les 130 pb. La publication des chiffres mensuels du chômage américain, vendredi, annonce aussi une fin de semaine incertaine. Une volatilité d’autant plus préjudiciable qu’au dire des professionnels, un certain nombre de sociétés sont aujourd’hui prêtes à venir se refinancer sur le marché.
« Plusieurs émetteurs corporate ont lancé de petits roadshows et se tiennent prêt à sortir dès qu’une fenêtre de tir s’ouvrira », indique un banquier. La dernière semaine de février l’illustre : l’accalmie du début de semaine a permis à une bonne douzaine de sociétés, surtout financières, de venir émettre en euros ou en livres. Parmi les opérations marquantes, GE Capital, un abonné des marchés de crédit, a rouvert l’échéance 30 ans avec une obligation de 650 millions d’euros ayant trouvé preneur dans la fourchette de prix indicative, à 130 pb au-dessus des swaps. Deutsche Bank a placé 4 milliards d’euros à trois ans. Autre fait notable, dans le compartiment des entreprises : l’émission de 700 millions de livres du groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline à échéance 2039, moyennant une marge de 178 pb sur les emprunts d’Etat. Puis le marché s’est fermé vendredi. « L’activité de la semaine sur le marché primaire renforce notre sentiment que les volumes d’émissions dans les prochains mois se feront par mouvements concentrés, dès que la volatilité du marché secondaire le permettra », estime la recherche crédit de Lehman Brothers.
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