KBC échappe à la condamnation pénale dans la vente de CDO
Une condamnation au pénal de KBC dans une affaire liée à la crise des subprimes aurait été un cas d’école. Elle n’aura finalement pas lieu. Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé hier la banque belge, contre l’avis du procureur de la République, qui réclamait 100.000 euros d’amende à l’encontre de l’établissement.
Le parquet poursuivait KBC pour manœuvre frauduleuse et escroquerie en lien avec des produits financiers complexes – en l’espèce trois CDO (collateralized debt obligations, titres de dette adossés à des portefeuilles de créances), vendus en 2006 à Shânti Asset Management, une société de gestion française. Ayant perdu sa mise suite à l’éclatement de la bulle financière, le gérant avait déposé une plainte en 2008, qui avait motivé une enquête préliminaire de la brigade financière. Le résultat de l’enquête avait résolu le procureur à poursuivre la banque.
Le nœud de l’affaire résidait dans l’interprétation du caractère obligatoire ou non du mécanisme de substitution présenté par KBC dans la documentation commerciale des CDO. Ce mécanisme avait pour objectif de préserver la qualité de crédit maximale (AAA) octroyée aux trois produits par l’agence Moody’s, en remplaçant d’éventuels actifs défaillants sans coût supplémentaire.
Shânti AM considérait que la garantie de substitution était obligatoire, ce que contestait KBC. «Le tribunal a écarté l’existence de manœuvres frauduleuses et n’est pas allé au-delà, estimant que le délit d’escroquerie n’était dès lors pas constitué, indique Bénédicte Chesnelong, avocate chez Allen & Overy représentant la banque. Il a estimé que seule existait une faculté de substitution sans engagement de la banque de substituer en tout état de cause. Par ailleurs, il a reconnu que Shânti AM était un investisseur tout à fait averti». C’est-à-dire à même de comprendre le mécanisme proposé par KBC. L’avocat de la société de gestion n’a pas été en mesure de répondre aux sollicitations de L’Agefi.
Une condamnation au pénal aurait ouvert la boîte de Pandore dans la cascade de procédures consécutives à l’effondrement de la plupart des produits de dette structurés, au cours de la crise des subprimes. En effet, si les poursuites civiles sont répandues en Europe comme aux Etats-Unis, les procédures pénales sont encore peu nombreuses et ont rarement abouti. Toutefois, le parquet peut encore faire appel.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France