Julius Baer récompense ses actionnaires mais reste à l’affût d’acquisitions
Julius Baer ouvre ses coffres à ses actionnaires. La banque privée suisse a annoncé hier, à l’occasion de la publication de ses résultats annuels, une hausse de 50% du dividende proposé à la prochaine assemblée (à 0,60 franc suisse par action, soit 0,46 euro) ainsi qu’un projet de rachat de titres portant, d’ici l’assemblée du printemps 2012, sur 5% du capital ou 500 millions de francs.
Ces largesses ne sont toutefois pas surprenantes. Raymond James les jugent «bienvenues mais assez largement anticipées», tandis que Kepler évoque même un montant de rachat relativement décevant. Le courtier rappelle que Julius Baer est «significativement surcapitalisée». La banque elle-même admet un «important excédent de capital», marqué par un ratio tier One de 23,8% à fin 2010. Julius Baer estime pouvoir désormais se permettre une gestion plus «dynamique» à ce sujet, étant donné la marge de manœuvre face aux règles récemment proposées par le régulateur helvétique. Afin de toujours «rendre aux actionnaires les excédents de capitaux de la manière la plus appropriée possible», la banque doit rester à l’affût des opportunités de croissance externe. Qui ne manquent pas, après que Julius Baer a mis la main l’an passé sur la banque privée d’ING en Suisse.
En tout état de cause, les mesures annoncées hier «réjouiront les investisseurs et démontrent la situation financière saine» de Julius Baer, selon les analystes de la banque Wegelin.
Il est vrai que les résultats 2010 ont de quoi renforcer la sérénité des observateurs, à la réserve notable d’une pression persistante sur la marge brute (rapport des revenus sur les actifs sous gestion), en baisse de 6 points de base à 1,05%. Surtout, la collecte s’est accélérée au second semestre, et le directeur général, Boris Collardi, compte bien sur la poursuite de cette tendance en 2011. La collecte a ainsi atteint 9 milliards de francs l’an passé, soit 6% des actifs en début d’exercice, point haut des objectifs annuels (4 à 6%) entre 2009 à 2014. Un succès forgé notamment en Asie, en Russie, en Europe centrale et orientale ou en Amérique latine. Les actifs sous gestion ont dès lors progressé de 10% à 170 milliards de francs, portés par l’intégration d’ING Bank (14 milliards) et par l’effet marchés (8 milliards) en dépit d’un impact de l’évolution des changes négatif de 14 milliards de francs.
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