Julius Baer contrôle ses coûts pour contrer la hausse du franc
Le troisième gestionnaire de fortune entend réaliser 100 millions de francs suisses d'économies, via notamment la suppression de 200 postes.
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Julien Beauvieux
Julius Baer est déterminé à soigner sa rentabilité et ses actionnaires. Alors que son titre avait dégringolé de 15% dans le sillage de l’envolée de la monnaie helvétique, le troisième gestionnaire de fortune suisse a détaillé un plan d’économies qui prévoit notamment la suppression de 200 postes, soit environ 4% de ses effectifs globaux. La banque, dont le bénéfice ajusté a légèrement déçu en 2014, a par ailleurs annoncé qu’une augmentation du dividende de 0,6 à 1 franc suisse serait soumise au vote des actionnaires en avril prochain.
«La majorité des 200 suppressions de poste concernera la Suisse», a souligné le directeur financier du groupe zurichois, Dieter Enkelmann, qui a ajouté que le plan consisterait en une combinaison de départs naturels et de licenciements, principalement dans les fonctions de middle et back-office. Le programme entend également maîtriser la masse salariale et réallouer des ressources en vue d’économiser 100 millions de francs suisses, dont plus de la moitié sera réalisée cette année.
Julius Baer apparaît comme l’un des établissements suisses les plus touchés par l’appréciation du franc. L’impact négatif sur ses revenus, libellés aux deux tiers dans des monnaies étrangères, pourrait ainsi réduire son bénéfice de 15% cette année, a ainsi estimé Morgan Stanley. Les changes jouent aussi sur l’encours d’actifs sous gestion, à partir duquel sont calculés les frais et les commissions, qui ont totalisé 1,5 milliard de francs suisses l’an dernier, soit environ 60% des revenus du groupe. Or Julius Baer estime que le niveau actuel du franc pourrait pénaliserses encours sous gestion de 9%.
Les difficultés liées aux changes ne sont pas les seules à assombrir l’horizon de la banque. «La menace d’une amende considérable pour réglerles accusations d’évasion fiscaleémanant des autorités américaines perdure», rappellent les analystes d’Alphavalue. «Julius Baer a de longue date sous-estimé ce risque», ajoutent-ils, en référence à la sanction massive qu’a essuyée Credit Suisse l’an dernier.
Dans ce contexte, les résultats annuels de la banque privée ont été relégués au second plan. En hausse de 22%, à 586 millions de francs suisses, le bénéfice net est ressorti légèrement en deçà des attentes des analystes, qui tablaient sur 603 millions. L’encours d’actifs sous gestion a de son côté augmenté de 14%, à un record de 291 milliards de francs.
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