Jean-Claude Trichet remet les taux de changes sur le devant de la scène
On commence à y voir plus clair dans la stratégie menée par la BCE. Après avoir durci son discours de politique monétaire et procédé à une première hausse des taux directeurs visant à endiguer tout risque de dérapage inflationniste, la BCE souhaite maintenant s’attaquer à l’euro qui ne cesse de grimper, malgré une montée du risque souverain qui menace les économies périphériques. Si son président, Jean-Claude Trichet, a réitéré sa vigilance vis-à-vis des risques d’effets de second tour dans un entretien accordé à deux journaux finlandais, il a également investi le thème des changes en estimant qu’il partageait «entièrement» le point de vue exprimé par les Etats-Unis qu’un dollar fort était dans l’intérêt américain, mais également de tous les pays.
Des propos qui font écho à ceux tenus jeudi dernier, alors que l’euro progressait de 8,7% depuis le début de l’année pour atteindre son plus haut niveau depuis décembre 2009 à 1,4649. Ce matin, le cours de l’euro contre dollar refluait à la Bourse de Tokyo à 1,4523 suite à ces déclarations. La semaine dernière, les positions longues sur l’euro-dollar ont atteint 62.195 contrats, contre un plus haut de trois ans atteint la semaine précédente de 64.985 contrats, selon les données de la CFTC. «Je ne prends pas à la légère le fait que Jean-Claude Trichet parle du dollar plutôt que de l’euro. Les autorités européennes s’étaient déjà inquiétées en 2007 que l’euro dépasse les 1,45 dollar et avaient tenté d’enrayer la chute du dollar» estime Minori Uchida, analyste chez Mitsubishi UFJ.
Alors qu’une monnaie forte sert de bouclier à l’inflation importée, le durcissement de la politique monétaire de la BCE lui donne aujourd’hui plus de marges de manœuvre pour voir refluer sa devise et permettre aux entreprises européennes de regagner en compétitivité. Néanmoins, Natixis estime que «en l’absence de changement de ton de Ben Bernanke, un retournement du dollar paraît peu probable d’ici le mois de juin» et qu’une hausse temporaire à 1,50 était probable. Et de rappeler qu’à long terme, «il n’existe aucun marché aussi liquide et profond que celui des Treasuries permettant de placer les centaines de milliards des réserves de changes des banques centrales émergentes et des pays producteurs de pétrole», malgré les efforts de la Chine pour diversifier ses réserves de change en achetant de l’euro, du yen ou du sterling.
Plus d'articles du même thème
-
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
BPCE rachète à Arkéa l'agence immobilière en ligne Liberkeys et le développeur Izimmo
Ces deux acquisitions s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à devenir un intermédiaire incontournable dans l'immobilier. -
En quatre ans, HR Path fait l'objet d'un deuxième fonds de continuation chez deux actionnaires successifs
Menée par Ardian, la nouvelle transaction valorise le groupe de conseil RH à près d'un milliard de dollars. L'opération a attiré plus de 30 investisseurs internationaux, emmenés par Eurazeo. -
Le risque de crédit lié à l'IA encourage la création d'instruments de couverture
Les CDS, ces instruments permettant de se protéger contre le défaut d’un émetteur, sont une bonne jauge de la perception du risque crédit par le marché. Les CDS de SpaceX créés juste après sa méga-émission obligataire traitent non loin de ceux d’Oracle. Amazon, qui vient nouvellement d’émettre des obligations, a son CDS comme les autres hyperscalers. -
Audrey Ferry prend la direction de l'ingénierie patrimoniale de Cyrus Herez
L'ancienne responsable de l'ingénierie patrimoniale de Bordier & Cie à Paris succède à Sophie Nouy qui a été nommée à la tête de l'activité de gestion de fortune du bureau de Paris du groupe de conseil en gestion de patrimoine.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?