Jean-Claude Juncker remet la pression sur Athènes
La pression monte. Le Premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker a laissé entendre hier que le Fonds monétaire international (FMI) pourrait ne pas accorder la prochaine tranche de son aide à la Grèce prévue en juin. «Le FMI a des règles spécifiques, et l’une de ces règles est qu’il ne peut agir que s’il y a des garanties de refinancement pour une période de 12 mois, a-t-il déclaré lors du Luxembourg Financial Forum. Je ne pense pas que la troïka arrive à cette conclusion».
Le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne, qui composent la troïka, sont toujours à Athènes pour évaluer les progrès du plan de redressement grec, et pourraient rendre leurs premières conclusions en début de semaine prochaine. «Nous verrons alors si un soutien supplémentaire est nécessaire», a dit Jean-Claude Juncker. Le président de l’Eurogroupe semble «mettre la pression sur la Grèce pour arriver à un accord sur une consolidation budgétaire et une vente d’actifs», observe David Mackie, économiste de JPMorgan. Les ministres des Finances de la zone euro ont déjà demandé à Athènes d’accélérer son programme de privatisations, qui doit rapporter 50 milliards d’euros d’ici à 2015. Une autre interprétation possible est que Jean-Claude Juncker essaye d’obtenir des autres ministres des Finances européens «un accord sur l’accès de la Grèce au Fonds européen de stabilité financière l’an prochain», selon David Mackie.
De son côté, le FMI a affirmé qu’il ne pourra pas continuer à aider la Grèce si ses partenaires européens n’apportent pas leur part des financements nécessaires. Selon le programme d’aide de 110 milliards d’euros décidé en mai 2010, la Grèce doit emprunter 40,3 milliards d’euros sur les marchés l’année prochaine, un objectif irréaliste compte tenu des taux d’intérêt actuels. «Si le FMI ne peut pas débloquer la prochaine tranche de son aide avant le 29 juin, il s’attend à ce que les Européens le remplacent», a ajouté le président de l’Eurogroupe. Une éventualité qui suscite une vive opposition en Allemagne et dans d’autres pays, et qui pourrait renforcer les partisans d’une restructuration de la dette grecque. A ce sujet, le dirigeant a répété qu’un «reprofilage léger» ne serait envisageable et utile que si la Grèce respecte ses engagements.
Manuel Gonzalez-Paramo, membre de la BCE, a tempéré les propos de Jean-Claude Juncker, jugeant «impensable que le Grèce ne remplisse pas les conditions fixées par le FMI».
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