Malgré une hausse de 51 % du bénéfice trimestriel, le marché a sanctionné l’exposition du groupe au ralentissement économique américain
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Yves-Marc Le Reour
Moment difficile pour le leader mondial des semi-conducteurs. La hausse annoncée mardi soir de 51% de son bénéfice trimestriel à 2,27 milliards de dollars, portée par de solides ventes de ses microprocesseurs pour les ordinateurs portables, n’a pas eu les effets positifs qu’il aurait été en droit d’attendre. Il est vrai que ce résultat, qui correspond à un bénéfice par action de 38 cents, a manqué d’un cent le consensus des analystes. Les ventes en hausse de 10,5 % à 10,7 milliards de dollars ont également été en dessous des prévisions du marché qui attendait 10,8 milliards.
Cette déception est d’autant plus grande qu’Intel a en fait l’année dernière regagné du terrain sur ses principaux concurrents, en particulier dans les puces pour serveurs informatiques dont les marges sont plus élevées que dans les microprocesseurs pour ordinateurs portables. Comme le souligne un analyste chez CRT Capital Group, «la position concurrentielle du groupe est solide comme elle l’a été ces dernières années et j’attribuerais donc toute faiblesse à un ralentissement macroéconomique».
Ce sont bien les prévisions du groupe qui ont été les moins appréciées par les investisseurs. Intel table pour le trimestre en cours sur des ventes comprises entre 9,4 et 10,0 milliards de dollars contre 10 milliards auparavant anticipées par les analystes. Ceux-ci craignent de voir la demande des consommateurs américains pour les produits technologiques freinée par la hausse du coût du crédit, ce qui aurait un effet négatif sur le «pricing power» de l’ensemble des fabricants de semi-conducteurs. Doug Freeman, analyste chez American Technology Research, résume le sentiment général en se disant «déçu par le haut de la fourchette de prévision de chiffre d’affaires et par le contrôle des dépenses». La marge brute prévue pour le premier trimestre 2008, entre 55 et 57 %, serait en effet en net recul par rapport aux 58 % dégagés au dernier trimestre.
Le directeur financier Stacy Smith a bien cherché à rassurer les investisseurs en déclarant que jusqu’ici, Intel «n’a pas constaté de signes de récession aux Etats-Unis, qui représentent moins de 25 % de l’activité», ajoutant toutefois être un peu prudente «avec ce que nous voyons dans l'économie américaine». Il n’en a pas fallu plus pour faire plonger le titre de près de 15 % à 19,38 dollars en après-Bourse, après avoir clôturé à 22,69.
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