«Il sera bien difficile de sortir des politiques non conventionnelles»
- L’Agefi : Que pourrait faire la Banque centrale européenne (BCE) si la menace de déflation s’aggravait en Europe ?
- Eric Bourguignon: La menace de déflation qui plane sur la zone euro résulte largement des difficultés que les entreprises et les ménages éprouvent pour se financer. Pour éloigner cette menace, la BCE doit inciter les banques à accroître leur activité de crédit, comme elle a commencé de le faire en abaissant une nouvelle fois son taux de refinancement. Elle pourrait par exemple porter le taux de rémunération de ses dépôts en territoire négatif, comme on lui en prête l’intention, ou bien faciliter le refinancement des prêts accordés aux PME. Si ces mesures s’avéraient insuffisantes, il lui faudrait alors probablement utiliser son bilan pour acquérir directement des titres privés, et pallier la contraction très préoccupante des crédits à l’économie.
- Que retenez-vous des minutes de la Banque d’Angleterre (BoE) ?
- Les dernières minutes de la BoE semblent donner moins d’importance que les précédentes à l’évolution du taux de chômage dans la conduite de la politique monétaire. Elles n’apportent donc aucun éclaircissement sur les intentions de la banque centrale, bien au contraire. Ces minutes illustrent parfaitement les limites des politiques de forward guidance actuellement très en vogue chez nos grands argentiers, surtout dans le contexte d’accélération de l’activité que connaît le Royaume-Uni. Elles nous montrent également, à l’image des tergiversations américaines sur le tapering, qu’il sera décidément bien difficile de sortir des politiques monétaires non conventionnelles mises en place depuis le début de la crise financière.
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