«Il est trop tôt pour crier victoire sur la baisse de l’euro face au dollar»

Nicolas Forest, responsable du fixed income chez Candriam IG
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Comment voyez-vous évoluer la livre face à l’euro après les dernières annonces de la Banque d’Angleterre ?

- Nicolas Forest : Nous continuons de croire que la devise britannique devrait s’apprécier par rapport à l’euro. La croissance britannique devrait être l’une des plus élevée des pays développés en 2014, forte du rebond de l’immobilier et du secteur des services. Les indices PMI restent bien orientés et le taux de chômage devrait continuer sa décrue, rendant jaloux plus d’un pays de l’Europe continentale. Dans ce contexte la Banque d’Angleterre est en train de préparer le marché à une sortie progressive de sa politique de taux bas. Après plus de 5 ans de taux plancher à 0,50%, son gouverneur, Mark Carney, pourrait être l’un des premiers banquiers centraux à relever son taux directeur depuis la crise financière de 2008. Ce dernier a décelé «des signes précurseurs» de bulle immobilière. Lors de son dernier meeting du 18 juin, l’ex-argentier canadien s’est même étonné que le marché n’anticipe pas assez ce risque de remontée de taux… Alors que de son côté la zone euro est encore menacée de déflation, le balancier monétaire joue donc en faveur de la livre sterling.

- Dans quelle mesure les annonces de la BCE peuvent-elles faire évoluer l’euro face au dollar ?

- La devise européenne est trop chère au regard d’un modèle de valorisation de long terme. Les dernières annonces de la BCE (taux de dépôt négatif, TLTRO) sont des premières étapes visant à déprécier l’euro. A court terme pourtant il sera difficile de casser réellement les 1,30 sans que la Réserve fédérale clarifie ses intentions de remontée de taux pour 2015. En cela il est trop tôt pour crier victoire.

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