«Il est raisonnable d’attendre une hausse des taux de la Fed dès septembre»
- L’Agefi : La remontée des rendements remet-elle en cause la stratégie de la BCE ?
- Matthieu Louanges : Non, elle ne remet pas en cause la politique de la BCE. Au contraire, on peut argumenter que la baisse significative du risque de déflation qu’illustre cette remontée des taux longs était un objectif majeur de la BCE lorsqu’elle a décidé son programme d’achat massif de titres. Les taux très bas du début d’année reflétaient le fait que les marchés escomptaient un risque important de spirale déflationniste. La diminution de ce risque et l’augmentation des taux d’inflation attendus sont une bonne nouvelle pour la BCE. Enfin, la volatilité récente des marchés n’est pas une surprise pour la BCE et Mario Draghi a lui-même souligné que la volatilité devrait demeurer élevée.
- La normalisation monétaire de la Fed est-elle pour septembre ?
- À la lumière des derniers rapports sur l’emploi aux Etats-Unis, il est raisonnable de s’attendre à une hausse des taux dès septembre. Néanmoins ce ne sera pas une normalisation classique et nous parlons volontiers chez Pimco d’une «nouvelle normalité» qui suppose des taux directeurs structurellement plus bas que dans le passé. L’économie américaine continue à avoir des niveaux de dette très élevés et la Fed sera très prudente dans sa remontée des taux. Ils devraient atteindre en fin de cycle des niveaux inférieurs à la «normale» historique des vingt ou trente dernières années. La guerre contre l’inflation a été gagnée et l’inflation basse permettra aussi aux banques centrales d’être plus patientes. La Fed n’est donc pas dans l’urgence et pourrait décider d’attendre jusqu’au mois de décembre pour entamer son cycle de hausse des taux.
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