«Il est dur d’anticiper le rythme de croisière de la croissance américaine»
L’Agefi : Qu’est-ce qui pourrait accélérer le début du resserrement monétaire de la Fed?
Christian Parisot : Le principal risque serait une accélération du salaire horaire. La présidente de la Fed, Janet Yellen, signalait récemment que le taux de chômage indiquant un «plein emploi», est entre 5,2% et 5,6%. Or, en avril, il s’établit à 6,3%. Il n’est plus très loin de cette fourchette haute! Certes, madame Yellen met en avant la faiblesse du taux de participation, le nombre élevé de chômeurs de longue durée et les ménages travaillant involontairement à temps partiel. Elle anticipe aussi une remontée de ce taux avec un retour sur le marché du travail des personnes qui étaient découragées de trouver un emploi. Mais si effectivement des tensions salariales apparaissaient, une «normalisation» plus rapide des taux directeurs s’imposera.
Comment peut-on expliquer la faiblesse persistante des Treasuries à 10 ans?
Le premier élément est la «liquidité». La banque centrale américaine injecte, encore, sur le marché obligataire près de 45 milliards de dollars par mois! Les placements monétaires n’offrent aucun rendement. Un investisseur cherchant un placement sans risque et un taux réel un peu positif n’a pas le choix: il doit investir sur les obligations d’Etat à long terme. L’autre élément est que les perspectives de croissance restent mitigées et que celles de l’inflation sont faibles. Après la stagnation du premier trimestre, même si elle est en partie technique, il est encore difficile d’anticiper le rythme de croisière de la croissance américaine. Enfin, Janet Yellen a un discours rassurant: la politique monétaire restera durablement accommodante. Difficile dans ce cas d’anticiper une très forte hausse des taux longs.
{"title":"","image":"81016»,"legend":"Panel Taux 12-05 Aurel BCG»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Holcim va céder le contrôle de sa filiale philippine à un groupe chinois
La transaction, qui s’effectuera en deux étapes, valorise au total ces activités à plus de 807 millions de dollars. -
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
M&G nomme un ancien dirigeant de H.I.G. à la tête de sa plateforme d’infrastructures
John Bruen rejoindra Infracapital le 1er septembre, en remplacement de Martin Lennon, qui partira à la retraite.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Un gestionnaire d’actifs saoudien liquide un fonds géré par un gérant français
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Raphaël Zenou rejoint Natixis IM pour développer les ETF
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle