Il est difficile de mesurer clairement les pertes de banques, estime Ben Bernanke
Ben Bernanke est intervenu devant la commission bancaire du Sénat dans une ambiance morose. Plus tôt dans la journée, il était fait état de l’intervention du gouverneur de l’Etat de New York qui évoquait, à propos des rehausseurs de crédits, le risque d’un « tsunami financier » qui pourrait provoquer des ravages dans l’ensemble de l'économie. Si le gouverneur soufflait le froid, le président de la Fed n’a pas vraiment soufflé le chaud quand il a abordé les pertes dues au subprime. Il a en effet estimé qu’il était difficile d’avoir une idée des pertes des banques liées à leur activité dans les crédits immobiliers à risque. « Nous obtenons de très bonnes informations, mais la difficulté est que pour nombre de ces actifs, une mesure claire, précise, concise de la perte n’est pas toujours facile. Dans la mesure où nombre d’entre eux ne sont pas toujours négociés fréquemment sur les marchés, leurs valorisations peuvent changer d’un jour à l’autre », a dit le président de la Fed.
Mais, malgré tout, les autorités obtiennent « une bonne coopération » quand elles demandent aux banques de céder rapidement et effectivement ces actifs risqués, a ajouté Bernanke.
Une étude de la Société Générale indique d’ailleurs que l’on a assisté en 2007 à un véritable gonflement des actifs de banques américaines. Rien que pour le second semestre, entre 300 et 500 milliards de dollars d’actifs « non désirés » ont ainsi été intégrés dans les bilans bancaires. D’où la difficulté de séparer le bon grain de l’ivraie.
Côté remède, Ben Bernanke a estimé que le plan de relance de 152 milliards de dollars adopté la semaine dernière par le Congrès donnera un coup de fouet à l'économie américaine, dont il a brossé un sombre tableau sur le court terme, à compter du troisième trimestre de cette année, voire plus tôt.
Il reste que la Réserve fédérale des Etats-Unis va surveiller de près l’emploi, le logement et la situation du crédit dans les prochains mois : « Une détérioration importante des conditions financières ou de l’offre de crédit serait certainement une sonnette d’alarme pour nous demander d’agir à nouveau. »
« D’abord il y a le marché du logement. Nous avons besoin de commencer à voir une certaine stabilisation dans les mises en chantier et les ventes. En second lieu, il y a le marché du travail. Nous n’attendons en aucun cas un marché de l’emploi en super forme, mais ce serait bien si le marché commençait à se stabiliser dans une zone proche des niveaux actuels », a-t-il ajouté.
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