IKB sauvée de la faillite grâce à une aide de l’Etat allemand
Après le sauvetage vendredi de la banque WestLB par le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, c’était mercredi au tour de l’Etat allemand de venir au secours de la banque IKB, confrontée à de nouvelles dépréciations sur le marché des crédits. A l’issue d’une réunion du conseil d’administration de la banque publique KfW, principal actionnaire d’IKB, le ministre des Finances, Peer Steinbrück, a annoncé que la banque recevra 1,5 milliard d’euros supplémentaires, dont un milliard proviendra de l’Etat. Pour ce faire Berlin pourrait céder une partie de sa participation dans Deutsche Post, gérée par KfW.
Mais tant que la mesure n’est pas finalisée le ministre s’est gardé de révéler les détails du projet. Car Berlin demande à l’ensemble de la finance allemande de participer au paquet de sauvetage à hauteur des 500 millions d’euros restants. « Nous avons tout fait pour éviter une faillite d’IKB mais nous demandons aux banques privées et aux caisses d’épargne de venir à la rescousse d’un établissement dont la survie est dans l’intérêt de toute la finance de notre pays » a dit Peer Steinbrück. Or, les fédérations des banques allemandes ne l’entendent pas de cette oreille. Aussi bien les banques privées que les caisses d’épargne et les banques coopératives n’ont cessé de répéter hier qu’elles ne sont pas disposées à renflouer un établissement considéré comme un puits sans fonds.
Face à la pression exercée par Berlin, le président de la fédération des banques privées Klaus-Peter Müller qui est par ailleurs patron de Commerzbank a cependant promis hier soir de réfléchir à une solution. Selon le ministre de l’économie, Michael Glos, il serait « irresponsable et dommageable pour l’ensemble de la Place allemande » qu’IKB soit amenée à déposer son bilan. Et le ministre de rappeler qu’IKB est une banque cotée en Bourse dont seulement 47 % sont détenus par l’Etat à travers KfW.
Le nouveau plan de sauvetage a été rendu nécessaire car l’existence du prêteur est une fois encore mise en péril par des dépréciations sur son portefeuille de crédit. Selon des experts, il faut à l’établissement 2,2 milliards d’argent frais pour rester à flot. Un apport que KfW n’est plus en mesure de financer seule. IKB a déjà fait l’objet de deux renflouements depuis l’été dernier, pour 6,15 milliards d’euros, dont 5 milliards ont été apportés par KfW et le reste par l’ensemble de la finance allemande.
Plus d'articles du même thème
-
Google augmente de 5 milliards de dollars la taille de sa levée de fonds
Le géant américain a dévoilé les détails de ses multiples augmentations de capital qui pourraient approcher 90 milliards de dollars si les options de surallocation sont entièrement exercées. Trois banques françaises participent à l’opération. -
L’administration Trump formule des propositions pour rétablir ses barrières douanières
Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a présenté de nouveaux droits de douane d’au moins 10% liés au travail forcé pour remplacer les droits «réciproques» jugés illégaux par la Cour suprême le 20 février. -
Les acteurs crypto se lancent dans la création de blockchains
Coinbase veut faire de Base, sa blockchain déployée il y a deux ans, l'infrastructure technologique de référence pour les institutions financières. Suivant la tendance, Robinhood a lancé la version test de Robinhood Chain en février. -
En matière de cybersécurité, la dépendance aux tiers expose la finance européenne
Un an après la mise en application du règlement européen Dora relatif à la résilience des infrastructures cyber des établissements financiers de l’UE, les autorités de surveillance tirent un premier bilan. Un tiers des incidents cyber majeurs des établissements financiers est le fait d’une défaillance d’un tiers et est de plus en plus transfrontalier. -
Cap sur le taux fixe pour les placements à long terme du trésorier
Retrouvez ici la chronique mensuelle de Pandat Finance autour des placements du trésorier d'entreprise. -
Le régulateur suisse épingle les gestionnaires de fortune pour la commercialisation des certificats activement gérés
Cette mise en garde intervient après une hausse des signalements constatée en 2025 à l’encontre des intermédiaires, certains dossiers s’étant soldés avec des pertes importantes pour les clients.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Contenu de nos partenaires
-
VulnérablesLes Etats désarmés face au ralentissement de l’économie mondiale
Le choc pétrolier alimente le risque d'une récession mondiale, selon l'OCDE. Plusieurs gouvernements ne pourront amortir cette crise sans sacrifier le redressement de leurs comptes publics -
Comment le meurtre d'Henry Nowak attise l’extrême droite au Royaume-Uni
Après mort d'un étudiant à Southampton, Nigel Farage et Tommy Robinson ravivent un débat explosif sur une police à deux vitesses -
A deux, c'est mieuxA gauche, la primaire est morte, vive la double primaire !
Pour sortir le PS de l’impasse, Olivier Faure tente de ressusciter la primaire sous une forme inédite : deux scrutins pour le prix d’un. Rien ne dit que Raphaël Glucksmann montera à bord de cette fusée à deux étages