ICE gèle le niveau de ses commissions pour rassurer les régulateurs
IntercontinentalExchange (ICE) cherche à calmer les inquiétudes concernant sa taille à la suite de son projet de rachat de Nyse Euronext pour 8,2 milliards de dollars. Le groupe américain qui s’est imposé comme un géant de la négociation et de la compensation des produits dérivés listés et échangés de gré à gré en mettant notamment la main sur la filiale de Nyse Euronext spécialisée sur les dérivés, le Liffe, a indiqué qu’il comptait limiter ses commissions tirées des opérations de trading sur le café, le cacao et le sucre cotés sur le marché londonien pour une durée de cinq ans.
Lors d’une conférence regroupant l’association des négociateurs sur le marché du cacao qui s’est tenue en République Dominicaine jeudi dernier, le président d’ICE Futures, Ben Jackson, a ainsi précisé que les commissions seront plafonnées à 82 cents sur le marché des matières premières agricoles (soft commodities). Un niveau équivalent à celui actuellement tarifé par l’opérateur sur le marché du Brent, et de deux cents plus élevé que celui pratiqué actuellement par le Liffe. Selon le Wall Street Journal, les commissions pourraient même être abaissées de 1,56 dollar à 1,32 dollar sur les opérations physiques.
Des mesures qui interviennent alors qu’un certain nombre d’intervenants s’inquiétaient du poids trop important que pourrait exercer le nouveau géant boursier sur le marché des options et dérivés des matières premières agricoles.
Alors que les activités de dérivés de matières premières agricoles entre les deux entités sont celles qui se recoupent le plus, ces mesures devraient rassurer les autorités de régulation américaine et européenne qui doivent donner leur aval à l’opération de rachat avant son bouclage définitif qui doit intervenir au cours du second semestre de cette année. De plus, contrairement au projet avorté de rapprochement entre Deutsche Börse et Nyse Euronext, la transaction avec ICE n’atteindrait pas les seuils qui obligeraient les entreprises à demander l’aval de Bruxelles.
Fort de ce succès annoncé, ICE a annoncé vendredi qu’elle comptait lancer dès le mois de mai un indice sur CDS (credit default swap), après des tentatives infructueuses de la part de Deutsche Börse sur l’Eurex et du CME. ICE peut en outre s’appuyer sur l’accord signé avec Markit qui lui permet d’utiliser l’indice le plus utilisé sur le marché des CDS comme référence pour ses contrats futurs.
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