H2O AM fait appel des sanctions de l’AMF
Des sanctions « démesurées et complètement inédites ». H2O AM a indiqué mercredi son intention de déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour contesterles décisions de la Commission des sanctions de l’AMF. La société de gestion estime que deux des trois griefs retenus ne sont pas valides et qu’aucune erreur intentionnelle n’a été commise par H2O AM, Bruno Crastes et Vincent Chailley.
Parmi ses arguments, H2O AM remarque que la Commission n’a pas examiné la question de la liquidité à la date d’acquisition des titres non cotés, mais à une date ultérieure. « Ceci n’a pas de sens, tant sur le plan juridique que sur le plan financier », déclare-t-elle. Lors de l’audience, Bruno Crastes, le cofondateur de la société de gestion avec Vincent Chaille, avait notamment dit que l’on ne « peut pas juger ex-post l’irrationalité des marchés. On ne peut pas prévoir l’irrationalité de la liquidité ». Concernant les sanctions infligées aux deux fondateurs, elle rappelle que la rapporteure de la Commission n’avait pas soutenu l’imputabilité des manquements aux deux dirigeants.
H2O AM a par ailleurs regretté le niveau de la sanction pécuniaire, estimant que cette amende va pénaliser sa capacité à gérer la sortie de ses clients des fonds cantonnés. La société de gestion va devoir ponctionner un compte séquestre de 200 millions d’euros, qu’elle présente dans ses derniers communiqués comme « à l’origine au bénéfice de ses clients investis dans les fonds cantonnés ». L’objet de ce compte est double : indemniser les porteurs mais aussi payer d’éventuelles amendes, a expliqué un des dirigeants de H2O AM devant la Commission. Ces sanctions pécuniaires n’auront toutefois pas d’incidence sur la conduite de ses activités, a précisé H2O AM.
Réorganisation en interne
La société de gestion s’est également réorganisée en interne, suite à la sanction disciplinaire à l’encontre de Bruno Crastes qui lui interdit pour cinq ans de gérer un fonds et de diriger une entreprise d’investissement dans l’Union européenne (si cette société a des liens commerciaux avec des acteurs français). En attendant la procédure devant le Conseil d’Etat, Bruno Crastes s’est mis en retrait de la gestion de son fonds H2O MultiBonds. Ce véhicule est désormais sous la responsabilité de Thomas Delabre et Philippine Watteaux, cette dernière en étant la cogérante depuis 2019. Le fondateur de la société est maintenant directeur de la stratégie « corporate » et marchés. Loïc Guilloux, jusqu’ici co-directeur général du groupe, est lui nommé directeur général d’H2O AM Group.
Plus d'articles du même thème
-
L’amélioration des comportements de paiement demande confirmation
Altares souligne que la France se distingue favorablement au premier semestre 2026 dans le panorama européen. Avec comme potentielle explication celle d'une discipline plus vertueuse sur le sujet en raison de la mise en place de la réforme de la facturation électronique. -
Le 18e sommet des Brics marque l'approfondissement des travaux communs
Si aucune grande annonce n'a rythmé le sommet de New Delhi, les membres des Brics mettent en scène une volonté de coopération plus étroite sur des sujets multiples, dessinant la construction à long terme d’un groupement de pays liés entre eux par un mode de fonctionnement alternatif. -
La crise de croissance de l'IA fait douter les marchés
Les appels, étonnants, à un ralentissement du développement des modèles d’IA avancée par Anthropic, SpaceX et OpenAI, qui a par ailleurs reporté son introduction en Bourse, provoquent de nouvelles turbulences sur les marchés. Ces derniers continuent de s’interroger sur la monétisation et la rentabilité de ces technologies. -
Les entreprises accélèrent leurs émissions obligataires face aux craintes sur les taux
Le marché primaire obligataire euro a été très actif depuis mi-août dans un contexte de tensions sur les taux longs. Les émetteurs américains restent les plus prolifiques. Les français sont également très présents, la campagne présidentielle et le budget alimentant les craintes. -
Les administrateurs des financières européennes sont mieux rémunérés qu’outre-Atlantique
Les administratrices restent moins bien payées, constate EY dans son dernier rapport. L’écart global de rémunération des membres du conseil se réduit entre l’Amérique du Nord et l’Europe. -
Thomas Koegler : «Les jeux édités par Asmodee génèrent une marge brute de l’ordre de 70%»
Le directeur général du géant des jeux de société détaille les perspectives de son groupe qui a retrouvé son indépendance depuis sa scission du suédois Embracer. Coté à Stockholm, Asmodee n'envisage pas de rejoindre la Bourse de Paris pour le moment même si son coeur opérationnel est situé en France.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Pot de fleurPourquoi l'armée égyptienne ne réagit pas à la menace houthie sur le canal de Suez
Les Houthis, après leurs récentes avancées, ont plus que jamais la possibilité de perturber le trafic du canal de Suez, qui est une source majeure de revenus pour l'Egypte -
Vertige« On va dans le mur » : la France dans la tenaille des taux d’intérêt
L’ensemble des taux d’intérêt mondiaux grimpe depuis des mois. Mais ceux de la France plus vite encore, résultat de la méfiance qu’elle inspire aujourd’hui sur les marchés -
EditoDette française : la spirale fatale des marchés
La vitesse à laquelle dérapent les taux infligés à la France est le signe que nos prêteurs sont en train de perdre patience envers un pays qui ne respecte jamais ses engagements et qui entre dans l’inconnu d’une campagne présidentielle aux forts relents d’irrationnel