Forte pression sur Berlin pour lâcher du lest sur le pare-feu européen
Les discussions entre ministres des Finances sur la capacité totale du pare-feu mis en place pour stopper la contagion de la crise dans la zone euro s’annoncent serrées. Hier, François Baroin, ministre français de l’Economie, a dit qu’il défendrait «au nom de la France» un plafond d’environ 1.000 milliards d’euros, chiffre évoqué depuis l’automne 2011. «Plus le pare-feu est élevé, moins il y a de risques que les pays fragilisés soient attaqués par les marchés, en tous cas par les spéculateurs», a-t-il expliqué. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a pour sa part évoqué un chiffre de 800 millions d’euros.
L’option retenue à ce stade, selon un projet de document vu par Bloomberg, consiste à opérer parallèlement les deux fonds de respectivement 500 et 440 milliards d’euros, mais selon des modalités qui permettent difficilement un strict cumul de leurs moyens.
A côté du Mécanisme européen de stabilité (MES), le Fonds européen de stabilité (FESF), engagé à hauteur de 200 milliards pour les programmes irlandais, portugais et grec, continuerait à fonctionner jusqu'à mi-2013. Les 220 milliards de capacités non utilisées resteraient disponibles mais sous conditions.
Leur utilisation ne pourrait se faire que «dans des circonstances exceptionnelles suite à une décision unanime des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro notamment dans le cas où la capacité du Mécanisme européen de stabilité s’avérait insuffisante», selon un projet de déclaration daté du 23 mars et cité par Bloomberg. Par ailleurs, les 500 milliards du MES ne seront pas eux-mêmes immédiatement disponibles. Berlin voit donc le FESF comme un fonds de transition en cas d’urgence, non comme un complément.
Wolfgang Schäuble devrait toutefois se trouver à Copenhague sous une forte pression, seuls les Finlandais continuant à exprimer leur scepticisme. La Commission européenne n’a cessé d’appeler ces dernières semaines à un relèvement du plafond et reste à la manœuvre pour tester différentes options. A l’unisson avec la Banque centrale européenne. «Même si la crise est un peu plus calme, nous continuons à penser qu’il est nécessaire d’augmenter les pare-feu européens», a déclaré cette semaine Jörg Asmussen, membre du conseil de la BCE, lors d’une réunion informelle entre ministres en Finlande. Même les Pays-Bas ont rejoint les défenseurs d’une augmentation importante des capacités d’intervention.
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