Fitch Ratings récompense la bonne marche de l’économie turque
Ankara a retrouvé hier une notation en catégorie investissement après quatorze années d’exclusion par les agences. Fitch a relevé la note à long terme, de «BB+» à «BBB», assignant par ailleurs une perspective stable. L’agence justifie cette décision par «un relâchement des risques macro-financiers à court terme alors que l’économie se dirige vers un atterrissage en douceur».
Natixis mise sur un taux de croissance du produit intérieur brut de 2,5% cette année après 8,5% en 2011. «L’économie turque est en route pour retrouver un taux de croissance durable, ayant resserré son déficit courant et abaissé son taux d’inflation (7,9% en octobre contre 9,2% en septembre, ndlr)», poursuit Fitch. Ce déficit courant s’est ainsi contracté pour le dixième mois consécutif en octobre sur fond de ralentissement de la demande domestique. Un effort obtenu notamment au prix d’une politique monétaire non conventionnelle conduite par la banque centrale turque et en dépit du scepticisme initial des marchés.
Parmi les autres facteurs ayant pesé dans sa décision, l’agence cite le déclin du fardeau de la dette, la solidité du système bancaire, un potentiel de croissance favorable à moyen terme ou encore une économie relativement diversifiée et bien portante. Société Générale voit dans ce relèvement un «signal majeur» avec de «vastes implications». «Ceux qui étaient traditionnellement nerveux au sujet de la situation de financement externe de la Turquie devraient désormais – on l’espère – se détendre un peu», estime Benoît Anne, en charge de la stratégie sur les émergents.
Dans ces conditions, Natixis table sur un deuxième relèvement en 2013, la Turquie étant «de plus en en plus perçue comme un marché sûr et dynamique grâce à la prédictibilité de sa politique économique», juge Juan Carlos Rodado, économiste au sein de la banque française. Moody’s a relevé en juin dernier sa note à «Ba1», un cran en dessous de la catégorie investissement, tandis que S&P a maintenu en mai sa note à «BB» tout en abaissant sa perspective à stable. La réaction des marchés a été positive ; la lire turque s’est renforcée face au dollar, tandis que l’indice phare de la Bourse d’Istanbul a clôturé en hausse de 1,84%.
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