Fidelity et huit autres gérants d’actifs vont prochainement lancer leur «dark pool»
Le projet de «dark pool» de Fidelity est proche d’aboutir. Très discret sur ses intentions, le gestionnaire d’actifs avait admis au printemps dernier s’intéresser à la mise en place d’une plate-forme de trading d’actions en commun avec certains de ses concurrents. Selon les informations de la presse anglo-saxonne, Fidelity et huit autres poids lourds de la gestion (BlackRock, Invesco, JPMorgan AM, State Street, BNY Mellon, MFS, Capital Group, T. Rowe Price) sont sur le point de lancer dès cette semaine le projet, les premières opérations de trading devant intervenir plus tard dans l’année.
Au sein du consortium, Fidelity devrait conserver un poids très important avec 60% du capital de la société qui accueillera le «dark pool», baptisée Luminex. Détenue à hauteur de 4,9% par chacun des huit autres gérants d’actifs, la firme a obtenu le 26 décembre un statut de broker-dealer auprès de la Finra, qui régule le secteur financier américain. Elle sera dirigée par Michael Cashel, un vice-président senior de Fidelity, mais tous les membres disposeront d’une voix au conseil d’administration.
Cette initiative, qui fait écho au lancement en novembre d’un «dark pool» obligataire par une quinzaine gérants européens, est révélatrice des évolutions à l’œuvre entre les acteurs du «buy-side» et du «sell-side». «L’industrie a longtemps été focalisée sur l’efficacité opérationnelle et les baisses de coûts, mais cela n’est plus suffisant», explique la société de recherche et de conseil Tabb Group. «Une meilleure maîtrise des flux d’ordres et de la protection des investisseurs milite pour un transfert du contrôle, des grandes banques d’investissement vers les gestionnaires d’actifs», ajoute la note.
A la recherche de coûts d’exécution compétitifs, les gérants d’actifs se sont progressivement détournés des Bourses traditionnelles au profit des «dark pools» non réglementés, secteur dans lequel les grandes banques se sont engouffrées. Selon la Finra, UBS, Credit Suisse et Deutsche Bank étaient à fin décembre les trois premiers opérateurs de «dark pool» aux Etats-Unis. Plusieurs banques sont néanmoins sous le coup d’enquêtes pour inégalité de traitement entre les investisseurs classiques et les spécialistes du trading haute fréquence, qui bénéficient de l’opacité de ces structures.
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