Face au ralentissement, le statu quo monétaire s’annonce long en Angleterre
Le Banque d’Angleterre a réduit sa prévision de croissance pour 2011 et 2012 et s’attend à une retombée des tensions inflationnistes
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Olivier Pinaud
L'économie britannique va croître plus lentement que prévu cette année mais aussi l’an prochain. Face à une détérioration des perspectives économiques mondiales, la banque d’Angleterre (BoE) prévoit désormais un taux de croissance d’environ 2% en rythme annuel pour 2011, contre 2,5% prévu lors du rapport de mai. Pour 2012, la croissance devrait atteindre environ 2,7%, contre 2,8% annoncé en mai. «Il y a un certain nombre de vents contraires pour la croissance mondiale ou intérieure, dont la menace de la dette publique et privée n’est pas la moindre, et ces vents contraires sont en train de se renforcer», s’est inquiété Mervyn King, le gouverneur de la BoE. D’autant que ces nouvelles prévisions ont été établies avant le tumulte actuel sur les marchés financiers. La BoE reconnaît d’ailleurs que «les risques provenant de la zone euro peuvent potentiellement avoir un impact significatif sur l'économie britannique».
Le ralentissement aura au moins l’avantage de faire retomber les tensions inflationnistes. Dans son rapport trimestriel, la BoE estime que la hausse des prix culminera autour de 5% avant la fin de l’année, une prévision inchangée par rapport à celle de mai, mais qu’elle devrait retomber à 1,8% d’ici à deux ans, soit un peu moins que prévu précédemment. De quoi réduire un peu plus l’influence des partisans d’un durcissement de la politique de la BoE. Lors de sa dernière réunion, début août, le comité de politique avait maintenu son taux à 0,5%. Et la majorité des économistes s’attendaient déjà alors à ce qu’elle ne le modifie plus avant de longs trimestres.
La révision en baisse des perspectives de croissance renforce encore plus l’hypothèse d’un statu quo prolongé, même si la Banque d’Angleterre n’a donné aucune indication précise et chiffrée sur ses intentions, comme a pu le faire la Fed mardi soir. En revanche, Mervyn King a confirmé que l’institution disposait encore de marge de manœuvre si la situation devait encore se dégrader. Reste à savoir si le regain de pessimisme de la BoE met en danger la trajectoire budgétaire du gouvernement, ce qui menacerait alors le «AAA» du pays. Le risque semble limité pour 2011, le budget ayant été bâti sur une hypothèse de croissance de 1,7%, inférieure à celle de la BoE. En revanche, pour 2012, le gouvernement s’est basé sur 2,5%, comme la banque centrale.
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