Euronext relance son offre de dérivés sur les produits laitiers

La Bourse propose une nouvelle gamme de dérivés sur ce segment, à la faveur de la suppression des quotas européens sur le lait.
Solenn Poullennec

Euronext repart à l’offensive dans les dérivés de produits laitiers. La Bourse devrait annoncer demain la date de lancement effectif de son «complexe» de dérivés sur cette production à la faveur de la disparition des quotas laitiers en Europe demain.

Dès novembre dernier, le groupe a officialisé son intention de lancer une offre de futures et d’options sur le beurre, la poudre de lait écrémé et la poudre de lactosérum. Ce lancement va coïncider avec la disparition des quotas instaurés par l’Europe au début des années 1980 pour limiter la surproduction de produits laitiers. Si cette libéralisation risque d’ajouter à la volatilité du marché, elle devrait permettre à la filière européenne de se renforcer à l’export pour répondre à l’augmentation de la demande, notamment en provenance de Chine.

Ce n’est pas la première fois qu’Euronext s’essaye aux laitages. En 2010, ce qui était encore le Liffe avait lancé un premier contrat à terme sur la poudre de lait écrémé avec une livraison physique, mais le contrat n’avait pas décollé. «On a trop anticipé la fin des quotas qui n’avait lieu que cinq ans après, le besoin réel n’était pas là», explique aujourd’hui Nicholas Kennedy, responsable du développement commercial des matières premières chez Euronext. Et d’avancer aussi que la Bourse n’aurait pas dû lancer un contrat unique: «à partir du moment où vous ne lancez qu’un seul produit, vous ne reconstituez pas le prix du lait».

Avec le nouveau «complexe», «on sent que l’engouement est vraiment beaucoup plus important», assure Nicholas Kennedy. Euronext a choisi de lancer des contrats avec la possibilité de livraison physique pour assurer une bonne corrélation avec les prix des sous-jacents physiques. La Bourse allemande, Eurex, a des contrats sur les mêmes produits, mais sans livraison physique et les volumes échangés sont faibles. Euronext ne s’attend pas à ce que ses contrats décollent du jour au lendemain. «Il y aura un énorme travail d’éducation auprès des utilisateurs de la filière», insiste Nicholas Kennedy.

Le développement des contrats laitiers n’est pas le seul chantier d’Euronext sur les matières premières. La Bourse vient de lancer une nouvelle version de son produit phare, le contrat sur le blé, avec des caractéristiques de qualité supérieure. Elle réfléchit aux moyens de développer ses contrats sur le maïs et l’orge. Enfin, elle n’exclut pas de se lancer dans un contrat sur le sucre, face à ceux d’ICE et du CME, alors que les quotas européens sur cette matière vont tomber en 2017.

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