Essilor réactive le marché «US PP» pour les émetteurs français
Essilor prend goût aux placements privés obligataires. Le numéro un mondial des verres optiques est allé lever 300 millions de dollars (230 millions d’euros) sur le marché américain de l’US Private Placement. La deuxième transaction du genre pour le groupe après une première émission US PP réalisée en mars 2012. BNP Paribas a dirigé la levée de fonds.
L’entreprise comptait au départ lever 150 millions de dollars mais le succès de l’opération, sursouscrite plus de sept fois avec un livre d’ordres d’un milliard de dollars, l’a amené à en doubler la taille. Essilor est allé trouver les mêmes poches profondes qu’en mars 2012, mais l’un de ses objectifs était d’élargir la base d’investisseurs. Dix-huit ont finalement répondu à l’appel.
La transaction constituerait aussi le premier «vrai» US PP – hors placement bilatéral – réalisé en 2013 par une entreprise française, alors que ce type d’opérations avait le vent en poupe il y a un an. «La transaction confirme que les investisseurs US PP ont de l’appétit pour les corporates français de qualité et restent demandeurs même dans un contexte de volatilité, puisque le deal a été ‘pricé' juste en amont du discours de Ben Bernanke à la Fed», indique Fabien Calixte, à l’origination debt capital markets de BNP Paribas.
Les conditions trouvées témoignent de l’appétit pour ce type de papier. Cinq tranches ont été émises: 75 millions de dollars à échéance mai 2017 et à un coupon de 1,84%, 50 et 75 millions à 5 ans respectivement à taux variable (Libor + 100 pb) et à taux fixe (2,27%), 70 millions à 7 ans à 2,79% et 30 millions à 10 ans payant 3,40%. Lors du placement de mars 2012, les tranches à 5 ans et 7 ans avaient coûté plus cher à Essilor, respectivement 2,65% et 3,10%. Autre particularité propre à l’US PP, le tirage des fonds n’interviendra qu’au mois de novembre.
Déjà peu endetté, le groupe réduit encore davantage sa dépendance au financement bancaire. Le produit du placement privé servira notamment à refinancer un emprunt bancaire bilatéral de 250 millions d’euros conclu en 2007 par Essilor of America et qui arrivait à échéance en février 2014. Les deux US PP constitueront ainsi l’essentiel de la dette financière à long terme. A court terme, Essilor se finance avec des billets de trésorerie et en tirant sur des lignes syndiquées. A fin mars 2013, sa dette nette n’atteignait que 322 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Saxo Banque structure son offre pour ses clients les plus fortunés
La banque d'investissement en ligne propose désormais une offre haut de gamme en misant sur un accompagnement personnalisé et un accès renforcé à ses équipes de marché. -
Man Group décollecte 1,6 milliard de dollars au premier trimestre 2026
Le gestionnaire d’actifs alternatif est tout de même parvenu à légèrement augmenter son encours depuis le début de l’année. -
Meridiam signe un projet de 5 milliards de dollars au Moyen-Orient
Le gestionnaire d’actifs, qui a levé 5 milliards d’euros en 2025, a engagé plusieurs opérations structurantes, dont un projet hydrique majeur en Jordanie. Parallèlement, Meridiam cherche à davantage ouvrir ses fonds aux investisseurs particuliers. -
Le déficit public britannique est au plus bas depuis 2020
Le déficit 2025-206 a diminué à 4,3%, soit près d’un point de pourcentage en moins sur un an, grâce à un niveau de recettes plus élevées. Mais le conflit au Moyen-Orient met les finances publiques britanniques sous pression. -
Jolt Capital et ABC Bourse s'allient pour évaluer le potentiel d'innovation des sociétés cotées
La société de gestion et le site d’information boursière ont annoncé mercredi un partenariat visant à proposer aux investisseurs particuliers trois nouveaux indicateurs technologiques mesurant la « puissance deeptech » des sociétés. -
PARTENARIATDes tensions en Iran à la résilience européenne
De la crise iranienne à la quête d’autonomie, l’Europe accélère pour renforcer sa sécurité et sa résilience.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
Contenu de nos partenaires
-
Détroit d'Ormuz : l'Iran affirme avoir perçu ses premières recettes des droits de passage
Selon le vice-président du Parlement iranien, les premières recettes du péage du détroit d'Ormuz « ont été déposées sur le compte de la Banque centrale » iranienne. Par ailleurs, selon le Pentagone, il faudrait au moins six mois pour déminer le site -
Le cercle des initiésLes Etats-Unis poussent leurs pions sur la carte des métaux critiques
L’Agefi et l’Opinion passent toutes les semaines au laser des entreprises ou des secteurs qui ont fait l’actualité -
La Fabrique de l'Opinion« Nos cinq sens forgent nos valeurs, nos opinions, nos jugements. Or, ce réseau de canaux est abîmé »
Pollution et anesthésie sensorielle... Paul Klotz décrypte la destruction de notre « capacité à éprouver » et défend « un projet de société où l’on prenne davantage soin de l'expérience sensible »