Ericsson s’attend à une année 2008 difficile sur ses principaux marchés
Les performances décevantes de la division multimédia ne contribueront pas à améliorer la rentabilité dégradée des réseaux mobiles
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Yves-Marc Le Réour
L'équipementier de télécoms suédois a publié au titre du quatrième trimestre sa plus forte chute des bénéfices depuis 2003, tout en annonçant d’importantes mesures de réduction des coûts. Si le chiffre d’affaires, stable à 54,5 milliards de couronnes suédoises (5,8 milliards d’euros), a atteint le bas d’une fourchette revue à la baisse en octobre dernier, le bénéfice opérationnel de 7,6 milliards de couronnes (soit 807,6 millions d’euros) a été en-deçà des 7,9 milliards attendus par les analystes, la marge opérationnelle au dernier trimestre étant ainsi passée de 22,5 % à 14 % en rythme annuel entre 2006 et 2007. Le point positif est une progression de 9 % du cash-flow opérationnel à 12 milliards de couronnes grâce à un bon contrôle du BFR.
Les ventes ont été particulièrement faibles en Europe (-10 %) mais aussi en Asie (-2 %) en dépit de la croissance en Chine, avec « une baisse inattendue en Inde » comme le fait remarquer CM-CIC; l’Amérique latine a été la seule région à tirer son épingle du jeu durant toute l’année. Si la dégradation de la rentabilité des réseaux mobiles et la stabilité de celle des services professionnels étaient déjà bien anticipées, la contre-performance de la division multimédia en termes d’activité comme de bénéfices est d’autant plus décevante que cette division avait été renforcée avec le rachat début 2007 du spécialiste d’équipements de compression vidéo Tandberg Television pour 9,8 milliards de couronnes.
Le premier fabricant mondial de réseaux pour téléphonie mobile a revu à la baisse ses perspectives pour ce segment des infrastructures télécoms pour 2008, une « stabilité » étant désormais attendue pour ce segment contre « une légère croissance » précédemment anticipée ; ceci explique le plan d’économies annoncé portant sur 4 milliards de couronnes, la première année pleine de ces mesures devant intervenir en 2009. Outre la suppression d’un millier de postes prévue en Suède, « au total, on peut s’attendre à ce que le nombre de salariés soit réduit de 4.000 environ dans le monde entier », a précisé le PDG Carl-Enric Svanberg, le groupe veillant néanmoins à préserver sa capacité de recherche et développement. Il a enfin affirmé qu’il n’y avait « rien de plus à ajouter » sur son anticipation faite en novembre dernier d’un point bas de sa marge opérationnelle au premier trimestre 2008.
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