DZ Bank est à son tour victime de la crise du subprime
La caisse centrale des banques mutualistes allemandes devra déprécier 1,36 milliard d’euros. Elle estime pouvoir y faire face par ses propres moyens
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Lothar Gries, à Francfort
Fort discrète jusqu’à présent sur son exposition à la crise des crédits, DZ Bank, le numéro cinq de la finance allemande, a dévoilé hier 957 millions d’euros de dépréciations liées à la crise du subprime américain. A cette somme s’ajoutent des provisions pour risques de 403 millions d’euros, soit une charge totale de 1,36 milliard. Par conséquent, la banque a fait état d’une chute de son bénéfice net à 897 millions d’euros contre 1,86 milliard en 2006.
«2007 a été une année chargée de défis mais DZ Bank est en mesure de les maîtriser de ses propres forces», a estimé son patron, Wolfgang Kirsch, précisant que son établissement n’avait pas besoin d’aides publiques et n’envisage pas non plus de s’ouvrir à un investisseur privé. Ainsi, son projet d’introduction en Bourse, régulièrement évoqué dans le passé, est reporté sine die.
La banque a été principalement victime de l’accroissement des spreads de crédits à hauteur de 715 millions d’euros. Parallèlement, elle a dû déprécier son portefeuille d’ABS (asset backed securities), pesant 26 milliards d’euros, de 515 millions. DZ Bank évalue son engagement sur le marché du subprime à 3 milliards d’euros. Wolfgang Kirsch estime cependant que la plupart des dépréciations annoncées hier sont «denature temporaire».
Sur la Place de Francfort, les chiffres de DZ Bank n’ont guère suscité de surprises, étant donné l’étroite coopération des 1.200 banques mutualistes du pays avec la banque semi-publique IKB, première victime allemande de la crise de crédit. DZ Bank demeure d’ailleurs l’un des principaux candidats à la reprise du cœur de métier d’IKB, le financement des PME. Pour l’année en cours, la direction de la banque demeure prudente. «Dans l’ensemble, le groupe a bien démarré mais 2008 sera un exercice fragile et volatil», a expliqué Wolfgang Kirsch. Il estime toutefois que l’aggravation de la crise depuis janvier devrait se traduire par des dépréciations supplémentaires, qui n’atteindront cependant pas le milliard d’euros. Pour le mois de janvier, elles ont totalisé 130 millions d’euros. La banque a aussi précisé avoir un milliard d’euros d’obligations garanties par des rehausseurs de crédit. La priorité de la banque dans les mois à venir est l’amélioration de la coopération avec les caisses mutualistes (Volksbanken et Raiffeisenbanken) sur le marché de la clientèle particulière.
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