Droits de vote double : un nouveau sujet de négociation entre Wendel et Saint-Gobain
Saint-Gobain veut les supprimer. Wendel va examiner cette demande. Mais certains observateurs estiment qu’il pourrait chercher à monnayer son aval
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Olivier Decarre
« Cet accord a le mérite de clarifier les choses ». Après une période d’incertitude quant aux intentions de Wendel vis-à-vis de Saint-Gobain, c’est par ces mots que réagissait hier un bureau parisien suite au terrain d’entente trouvé par les deux parties. Comme l’a révélé latribune.fr, Wendel pourra donc monter de 17,8 % à 21,5 % du capital et obtenir 3 sièges au conseil.
Toutefois de nouveaux points de négociation sont apparus. Notamment sur les droits de vote. Car Saint-Gobain souhaite en retour que Wendel s’engage à soutenir la suppression des droits de vote double. « On va examiner cette demande », se contente pour l’heure de répondre Wendel. Mais des sources proches du holding avancent que « Wendel s’interroge sur la finalité de cette proposition alors que la mesure a été mise en place par le passé par Saint-Gobain pour renforcer la stabilité de son actionnariat ».
S’il ne paraît pas fondamentalement opposé à cette demande, Wendel ne semble donc pas pour autant décidé à l’approuver les yeux fermés. Bref, tout porte à croire qu’il pourrait chercher à obtenir une compensation en échange de son aval. Il est encore tôt pour savoir avec certitude ce qui sera mis dans la balance. Mais « je ne serais pas surpris que Wendel essaie d’obtenir le départ de Jean-Louis Beffa (ndlr, président du conseil d’administration), qui est désormais un homme de plus en plus seul », ose avancer un expert du secteur qui appuie également son propos sur l’insistance visible de Wendel vis-à-vis des questions de gouvernance.
Reste un autre élément en suspens : la stratégie. Wendel n’a cessé de répéter qu’il était « en soutien de la stratégie » de Saint-Gobain. Il n’empêche que ce propos à première vue complaisant peut donner lieu à diverses interprétations. « La stratégie centrée sur l’habitat et les émergents est bonne. Mais ce n’est pas celle qui a été mise en œuvre », glisse-t-on ainsi en interne. D’ailleurs, selon le bureau parisien, cet accord « ne règle toujours pas le problème de fond », qui consiste bien à « accélérer le recentrage sur l’habitat et matérialiser la cession des actifs comme l’emballage, plus difficile sans doute à court terme ». Des avancées pourraient toutefois avoir lieu prochainement, Wendel ayant obtenu de Saint-Gobain la création d’un comité stratégique.
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