« Des titres, qui sont surtout des corporates, ont une valorisation excessive »
L’Agefi: Le marché primaire sera-t-il plus actif au second semestre qu’au premier ?
Samir Bederr : Les volumes d’émissions récents ne doivent pas constituer une référence, tant la crise souveraine grecque et périphérique a paralysé le marché primaire. Une moyenne de janvier à mi-mai semble plus normale, mais il n’est pas certain que nous ayons des volumes bien supérieurs au second semestre, notamment concernant les corporates investment grade. En effet, les fondamentaux de ces entreprises se sont considérablement améliorés depuis fin 2009 : moins de levier et d’endettement au bilan ; une maturité moyenne de la dette rallongée ; des coûts structurellement réduits ; des revenus souvent tirés par une forte activité dans les pays émergents pour compenser les économies européenne et américaine atones. Tous ces facteurs ne militent pas en faveur de volumes d’émissions plus importants à court terme. A l’inverse, la poursuite de la désintermédiation bancaire semble inéluctable, les entreprises faisant alors plus appel aux marchés au détriment du financement bancaire. Cependant, ce phénomène ne se fera qu‘à moyen ou long terme, en fonction des tombées de refinancement. Concernant les émissions bancaires, nous les attendons soutenues, surtout de la part des banques des pays périphériques et si les conditions de marché le permettent. Nous pensons que les banques voudront émettre des covered bonds en priorité, de manière à minimiser leurs coûts de financement.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
L’analyse fondamentale demeurera au cœur de notre stratégie d’investissement. Néanmoins, nous restons à l’écart de titres à la valorisation excessive, ce qui est particulièrement le cas chez les corporates.
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