Des entreprises russes parviennent à se financer sur les marchés en dollars

Alfa Bank et Gazprom ont toutes deux émis sur les marchés obligataires en dépit d’un contexte économique et géopolitique très difficile.
Solenn Poullennec

En dépit des difficultés financières de la Russie et du contexte géopolitique toujours très tendu marqué par des sanctions contre Moscou, certaines entreprises russes n’hésitent pas à venir se financer sur les marchés. Alors que Gazprom a réussi une émission en dollars au début du mois, Alfa Bank est parvenue à émettre de la dette subordonnée hier.

Basée à Moscou, Alfa Bank a placé 250 millions de dollars de titres subordonnés tier 2 avec une maturité de 10,25 ans, à 9,5%, selon Bloomberg. Les titres ne pourront pas être appelés avant 5,25 ans et ils ont été notés BB+ par Fitch. Ils sont prévus pour absorber les pertes si le ratio common equity tier 1 de la banque passe sous 2%. L’émission a été arrangée avec l’aide de Bank of America Merrill Lynch, Goldman Sachs, JPMorgan et UBS.

Gazprom a quant à lui réalisé sa première émission obligataire en dollars depuis 2013 la semaine dernière. Le groupe a placé 700 millions de dollars de titres à un an, avec un coupon de 4,3%. L’opération a été sursouscrite trois fois avec 77% des investisseurs venant des Etats-Unis et de Grande-Bretagne. Le taux moyen sur la dette d’entreprises russes émise en dollars a augmenté de 141 points de base depuis le mois de juin, à 7,21% début novembre, selon les indices de JPMorgan. Le taux moyen pour la dette d’entreprise des pays émergents était, par comparaison, à 5,49%.

Les deux transactions d’Alfa Bank et de Gazprom interviennent alors que les Etats-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions à la Russie pour son soutien aux séparatistes ukrainiens, lesquelles ont empêché l’accès de nombreuses entreprises russes aux marchés des capitaux. Ni Gazprom ou Alfa Bank ne sont cependant sur la liste des entreprises visées par les sanctions internationales, et de nouvelles mesures de rétorsion ne sont pas à l’ordre du jour pour le moment, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel mardi.

La situation géopolitique est pourtant loin d’être apaisée. Mercredi l’Otan a affirmé avoir vu des colonnes de troupes russes entrer en Ukraine avec des équipements militaires. Par ailleurs, la Russie doit faire face à la chute de sa monnaie et à des fuites importantes de capitaux. Dans ce contexte, la Banque centrale russe (CBR) vient de se résoudre à abandonner la bande de fluctuation du rouble après l’avoir plusieurs fois élargie au cours des dernières semaines. Le rouble traitait à 0,021 dollar hier.

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