«Des craintes de déflation ne justifieraient pas un écartement marqué des spreads»
Hervé Boiral, responsable gestion crédit euro chez Amundi
Publié le
Solenn Poullennec
- L’Agefi : Quel est l’impact du tapering sur le marché du crédit européen ?
- Hervé Boiral : Les achats de la Fed ont permis d’accroître la liquidité sur les marchés, poussant les achats sur les pays émergents et induisant des phénomènes d’éviction : l’essentiel des Treasuries émis étant «confisqués» par la banque centrale, les investisseurs se reportent sur les obligations privées. La première déclaration de la Fed en mai sur un éventuel tapering avait effrayé les marchés, l’annonce officielle en décembre n’a pas eu d’impact significatif. Le tapering va réduire ces phénomènes de transmission, mais l’essentiel de l’impact est d’ordre psychologique, avec éventuellement moins d’appétit pour le risque. Nous ne prévoyons pas de répercussions majeures sur le crédit en euro, d’autant plus que la politique monétaire de la BCE devrait maintenir les taux bas pendant «un certain temps».
- Quelle est votre stratégie ?
- Les facteurs macroéconomiques à venir nous apparaissent bien orientés : confirmation de la croissance aux Etats-Unis, sortie de récession en Europe, éloignement d’une crise des pays périphériques, ralentissement modéré des pays émergents. Tous ces éléments devraient être porteurs pour le crédit. Même des craintes de déflation en euro ne justifieraient pas un écartement marqué des spreads. Nos portefeuilles restent donc surpondérés sur le crédit, avec une préférence pour le secteur financier, et une montée en puissance des émissions hybrides qui nous semblent intéressantes du moment qu’elles sont assorties d’une justification économique. La volatilité récente nous a permis d’affirmer nos positions sur certains titres qui s’étaient dégradés, tandis que nous prenions profit sur les émetteurs qui ne s’étaient pas écartés.
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