Degroof et Petercam unissent leurs forces dans un marché sous pression

Le futur ensemble, numéro trois de la banque privée en Belgique et premier acteur indépendant, lorgne des fonds de commerce à racheter en France
Alexandre Garabedian

Avec des marges attaquées, la banque privée et la gestion d’actifs sont de bons candidats à la consolidation. Les deux acteurs belges Banque Degroof et Petercam l’ont démontré hier en officialisant leur fusion, objet de rumeurs récurrentes. Dans la même logique, la BIL va racheter la banque privée de KBL en Suisse et lui vendre la sienne en Belgique (lire page 17).

Présent à la fois dans la gestion privée, la gestion institutionnelle et la banque d’investissement, le nouvel ensemble Degroof – Petercam revendique le troisième rang de la banque privée en Belgique, et le premier rang des indépendants. La transaction doit être bouclée au deuxième semestre 2015.

«Tout le secteur bancaire est sous pression: la réglementation est sans cesse plus exigeante, et les clients demandent une meilleure qualité de service avec un pricing plus bas. Aucune des deux maisons n’était forcée d’agir, mais il ne faut pas manquer ce type d’opportunité», résume Philippe Masset, recruté chez ING en Belgique par Banque Degroof en octobre dernier, et futur directeur général de la nouvelle structure.

L’ensemble Degroof – Petercam gérera 47 milliards d’euros d’encours, dont 33,5 milliards en banque privée, pour environ 1.500 collaborateurs. Il disposera d’un ratio de solvabilité tier one de 14%, qu’il entend faire progresser. L’effet de taille joue pour Degroof: la banque compte un millier de collaborateurs et affichait pour son exercice 2013 un bénéfice net de 74 millions et des fonds propres de près de 500 millions, contre respectivement 22 millions et 155 millions pour son partenaire.

Le tour de table du nouvel ensemble, largement familial, devrait refléter ce rapport de force. Selon la presse belge, les actionnaires de Degroof, conseillés par Rothschild, devraient en détenir 70% et ceux de Petercam, épaulés par JPMorgan, 30%. Des proportions que les dirigeants ne démentent pas.

Philippe Masset reste peu disert à ce stade sur les synergies de coûts du projet, alors que la presse belge évoque aussi des suppressions d’effectifs de 10% à 15%. «Il est trop tôt à ce stade. Il y a aura de la croissance dans certains domaines», souligne le dirigeant. Ce sera le cas en France, pays qui représentera 2 à 3% des actifs gérés du groupe. Seul Degroof, qui a repris Aforge Finance en 2008, y est physiquement présent, avec une équipe d’une centaine de personnes. «Nous souhaitons faire grandir l’activité à Paris, en rachetant d’autres petits acteurs ou des portefeuilles», indique Philippe Masset.

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