Degroof et Petercam unissent leurs forces dans un marché sous pression
Avec des marges attaquées, la banque privée et la gestion d’actifs sont de bons candidats à la consolidation. Les deux acteurs belges Banque Degroof et Petercam l’ont démontré hier en officialisant leur fusion, objet de rumeurs récurrentes. Dans la même logique, la BIL va racheter la banque privée de KBL en Suisse et lui vendre la sienne en Belgique (lire page 17).
Présent à la fois dans la gestion privée, la gestion institutionnelle et la banque d’investissement, le nouvel ensemble Degroof – Petercam revendique le troisième rang de la banque privée en Belgique, et le premier rang des indépendants. La transaction doit être bouclée au deuxième semestre 2015.
«Tout le secteur bancaire est sous pression: la réglementation est sans cesse plus exigeante, et les clients demandent une meilleure qualité de service avec un pricing plus bas. Aucune des deux maisons n’était forcée d’agir, mais il ne faut pas manquer ce type d’opportunité», résume Philippe Masset, recruté chez ING en Belgique par Banque Degroof en octobre dernier, et futur directeur général de la nouvelle structure.
L’ensemble Degroof – Petercam gérera 47 milliards d’euros d’encours, dont 33,5 milliards en banque privée, pour environ 1.500 collaborateurs. Il disposera d’un ratio de solvabilité tier one de 14%, qu’il entend faire progresser. L’effet de taille joue pour Degroof: la banque compte un millier de collaborateurs et affichait pour son exercice 2013 un bénéfice net de 74 millions et des fonds propres de près de 500 millions, contre respectivement 22 millions et 155 millions pour son partenaire.
Le tour de table du nouvel ensemble, largement familial, devrait refléter ce rapport de force. Selon la presse belge, les actionnaires de Degroof, conseillés par Rothschild, devraient en détenir 70% et ceux de Petercam, épaulés par JPMorgan, 30%. Des proportions que les dirigeants ne démentent pas.
Philippe Masset reste peu disert à ce stade sur les synergies de coûts du projet, alors que la presse belge évoque aussi des suppressions d’effectifs de 10% à 15%. «Il est trop tôt à ce stade. Il y a aura de la croissance dans certains domaines», souligne le dirigeant. Ce sera le cas en France, pays qui représentera 2 à 3% des actifs gérés du groupe. Seul Degroof, qui a repris Aforge Finance en 2008, y est physiquement présent, avec une équipe d’une centaine de personnes. «Nous souhaitons faire grandir l’activité à Paris, en rachetant d’autres petits acteurs ou des portefeuilles», indique Philippe Masset.
Plus d'articles du même thème
-
EXCLUSIFLe Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
Selon nos informations, Crédit Agricole SA devrait marcher dans les pas de BPCE et lancer une offre de trading de cryptoactifs prochainement. -
Réduire ses prétentions ou patienter, le dilemme de KNDS à l’aube de son IPO
Le fabricant franco-allemand de chars devait lancer son introduction en Bourse en juillet mais les discussions avec les investisseurs bloqueraient sur le prix alors que l’ensemble du secteur subit un certain désamour en Bourse. -
L’Indonésie accuse son premier déficit commercial en six ans
Une plus forte baisse des exportations et une plus forte hausse des importations ont entraîné un déficit surprise en mai. Alors que l’inflation a accéléré en juin proche de la cible haute de la banque centrale, la devise reste sous pression, d’autant que la fuite des capitaux étrangers s’est accentuée. -
Sophie Courmont promue responsable pour la Suisse chez Natixis IM
Auparavant, elle était responsable de la Suisse francophone, de Monaco et d’Israël. -
Tema lance deux ETF actifs sur la mémoire et la photonique
Tema cible les segments alimentant l’essor de l’IA, mémoire et photonique, en s’appuyant sur SemiAnalysis. -
UniCredit réduit de moitié les encours confiés à Amundi
UniCredit réduit de moitié les encours confiés à Amundi au sein de sa gestion d’actifs et prépare le terrain au divorce avec la société de gestion contrôlée par Crédit Agricole, rapporte le quotidien italien Milano Finanza. La banque italienne a durci un cran supplémentaire son partenariat avec le groupe français, dans une trajectoire qui vise à réduire progressivement la dépendance à un fournisseur unique et à renforcer sa propre fabrique de produits interne.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre
Plan d'électrification : et les électriciens, dans tout cela ?
La profession mérite de figurer en bonne place dans le grand plan d'électrification du gouvernement, explique le président de Rexel France -
Plan BTirant les leçons du blocus du détroit d'Ormuz, la Chine mise de plus en plus sur le train
Pékin vient d'ouvrir une nouvelle ligne ferroviaire de 5 420 km avec le Turkménistan dans le but de multiplier ses options de transport de marchandises et les débouchés pour ses produits -
Ouille !Réseau de gaz : alerte sur l'envolée des tarifs pour les derniers abonnés
la Commission de régulation de l'énergie (CRE) met en garde sur la hausse que risquent de subir les derniers consommateurs