De plus en plus d’obstacles se dressent devant le plan grec
La situation devient de plus en plus inquiétante pour la Grèce. Alors que le retard pris dans la mise en place de l’ EFSF a récemment contraint le ministre des Finances grec à rassurer les marchés sur le versement de la tranche d’aide à Athènes et sur la couverture de ses besoins de financement le mois prochain, l’opération d’échange de dette qui constitue le deuxième volet du plan, devient un défi plus difficile à relever. De fait, un porte-parole de l’IIF, le lobby du secteur bancaire, a déclaré jeudi soir que 60% à 70% des investisseurs privés avaient exprimé à ce jour leur intention de participer au plan d'échange de dette. De son côté, l’agence Reuters, qui a relayé une source proche de la transaction, a rapporté que seulement la moitié des banques sollicitées avait répondu présent à l’appel.
Le gouvernement grec a donc dû durcir le ton en prévenant, par courrier, les ministres des Finances de 57 pays que la condition d’un taux de participation de 90% des titres de dette détenus par les investisseurs privés était désormais obligatoire, et qu’en dessous le plan devenait caduc. Celle-ci s’applique aux détenteurs d’obligations grecques arrivant à échéance d’ici 2014 ou 2020. La Grèce a également demandé auprès des ministres des finances étrangers de l’aider à évaluer les détentions dans le monde de dette grecque et d’obtenir des détails sur leurs détenteurs.
Autre obstacle pour la Grèce, elle a discuté vendredi, sous l’égide de Bruxelles, avec la Finlande afin de parvenir à un accord sur le collatéral aux prêts consentis par Helsinki à Athènes, afin que celui-ci ne porte plus sur du cash. Alors que la Chancelière allemande, Angela Merkel a rejeté tout traitement de faveur pour la Finlande concernant les garanties pour les aides, les pourparlers européens ont porté aussi sur l’idée d’une solution de collatéral qui serait appropriée à tous les pays de la zone euro.
Mais l’inquiétude est montée d’un cran, après les déclarations du ministre des Finances grec qui évoque un risque élevé que la Grèce n’atteigne pas ses objectifs de déficit en 2011 et que le pays reste en récession en 2012. Alors que ce contexte ne place pas sous les meilleurs auspices la venue de la Troika à Athènes lundi, la hausse des taux s’est intensifiée. Depuis le 22 juillet, les taux helléniques ont perdu tous les effets de l’annonce du plan de sauvetage de la Grèce. Sur la maturité 2 ans, ils se sont envolés de 15% à 42,7%. Sur celle à 10 ans, la tension atteint 3% à 17,83%.
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