De grands gérants européens créent une nouvelle plate-forme obligataire
TradingScreen a annoncé la mise sur pied d’un «dark pool» avec une quinzaine d’acteurs européens de la gestion, dont Axa IM, Natixis AM ou encore Nordea IM.
Publié le
Alexandre Garabedian
La baisse structurelle de la liquidité sur le marché du crédit suscite les vocations. Le fournisseur de technologies TradingScreen et une quinzaine de gestionnaires d’actifs européens se sont associés pour lancer une plate-forme d’échange d’obligations corporate entre acteurs du buy side, baptisée TradeCross. Parmi ses initiateurs figurent Axa IM, Groupama AM, La Banque Postale AM, Natixis AM, Exoe ou encore Nordea IM. Elle doit être dévoilée officiellement à Paris le 19 novembre.
La plate-forme se présente comme un dark pool. Les sociétés qui souhaitent traiter entre elles des obligations investment grade, high yield, mais pourquoi pas aussi souveraines, pourront afficher de manière anonyme des titres dans le système, pas forcément liés à un ordre d’achat ou de vente. «L’idée est d’afficher l’inventaire des différents participants pour susciter de l’intérêt pour les titres», explique un gérant.
Le système s’appuiera sur la technologie de Galaxy, la plate-forme multilatérale de négociation de TradingScreen. Il sera ouvert dans un deuxième temps aux banques. «Les intervenants ont la possibilité de désactiver les catégories d’acteurs avec lesquels ils ne souhaitent pas traiter», précise Alexandre Carteau, responsable produit OTC chez TradingScreen. D’abord européenne, la plate-forme a vocation à s’étendre aux Etats-Unis puis à l’Asie.
La logique diffère donc de celle de Cassiopée, le projet de la Place parisienne, basé sur la transparence pré et post-marché, un affichage des prix fermes, et associant dès le départ banques et émetteurs. Ce modèle n’a pour l’instant pas porté ses fruits en termes de volumes chez les plates-formes mises en place pour y répondre, comme BondMatch (Euronext) et… Galaxy, qui semble tirer ici les leçons de cet échec. D’ailleurs, des discussions sont en cours pour apporter des évolutions au modèle de BondMatch, notamment en y introduisant des éléments de «dark pool».
Les projets de plates-formes obligataires se sont multipliés pour répondre aux défis d’un monde post-Lehman: on en compterait une trentaine en Europe, pour la plupart portés par des banques. En octobre, plusieurs grands courtiers ainsi qu’Axa IM et Schroders ont par ailleurs mis sur pied le projet Neptune afin de créer un protocole d’échange commun – une sorte de «chat» alternatif.
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