Danièle Nouy devient favorable au ratio de levier
La responsable du mécanisme de supervision unique européen (SSM), Danièle Nouy, a changé d’avis sur l’utilité du ratio de levier, qu’elle reconnaît désormais.
«Au tout début des discussions, je dois dire que – peut-être parce que j’ai consacré tant de mon temps à élaborer Bâle 2 – j’étais moins convaincue par le ratio de levier, surtout étant donné que tout le monde peut le calculer», a expliqué au Financial Times, celle qui a longtemps siégé au Comité de Bâle et qui est désormais présidente du conseil de supervision du SSM. Mais d’ajouter: «après la crise, après toutes les discussions que nous avons eues, après le travail réalisé sur le ratio de levier, je dois reconnaître que je pense désormais qu’il est bien d’avoir les deux», le ratio de levier et la pondération des actifs par le risque.
Les banques internationales devront publier le ratio de levier à partir de 2015 mais la régulation ne devrait entrer définitivement en œuvre qu’en 2017. En janvier dernier, le Comité de Bâle a assoupli la définition du ratio de levier, tout en laissant inchangés sa formule de calcul générale et son niveau minimum, à 3%. Danièle Nouy reconnaît cependant qu’il peut y avoir des niveaux de ratios différents suivant le système comptable des juridictions et assure qu’il faudra juger du bien-fondé du seuil de 3% après quelques années de mise en œuvre.
Selon Danièle Nouy, «l’une des grandes leçons de la crise est qu’il n’existe absolument aucun actif sans risque. Les titres souverains ne sont pas des actifs sans risque». Même si elle reconnaît que ce n’est pas en pleine crise que l’on peut changer des règles du jeu, l’ancienne secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution française, se dit favorable à l’introduction de limites d’exposition de façon «à ce que vous n’ayez pas tous les œufs dans le même panier».
Comme beaucoup de régulateurs bancaires, Danièle Nouy, se montre plutôt optimiste sur l’issue de la revue de qualité des actifs qui doit faire la lumière sur les bilans des banques avant que la BCE n’endosse le rôle de superviseur unique en novembre prochain. «Les efforts qui ont été faits ont été sous-estimés et, oui, en effet, je pense que la situation des banques du mécanisme de supervision unique est meilleure que ce que croit le marché».
Même après la mise en place effective du SSM, l’Autorité bancaire européenne aura encore un rôle à jouer, ajoute Danièle Nouy.
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