Credit Suisse ne doute pas du potentiel de croissance de la gestion de fortune
Credit Suisse croit en sa bonne étoile en gestion de fortune. En témoigne le projet d’acquisition dévoilé hier, dont la finalisation est attendue cette année, de l’activité en la matière de Morgan Stanley pour l’ensemble de la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), hors Suisse. Le prix de la transaction n’a pas été dévoilé. Il porte sur 13 milliards de dollars d’actifs sous gestion (10,1 milliards d’euros) pour le compte principalement, selon Credit Suisse, de clients très fortunés à travers l’Europe.
Le développement de ce segment de clientèle à haut patrimoine («Ultra high net worth», UHNW) revêt un caractère de «haute priorité» selon Romeo Lacher, responsable de la Banque privée pour l’Europe occidentale. Credit Suisse se félicite de pouvoir ainsi renforcer sa présence au sein de «marchés stratégiques de croissance» tels l’Italie, la Russie, le Moyen-Orient ou le Royaume-Uni, où la banque zurichoise se targue de faire son entrée parmi les dix principaux acteurs du marché. L’opération permet en parallèle à Morgan Stanley de concentrer ses efforts, comme promis, sur les Etats-Unis.
Rainer Skierka chez Bank Sarasin dit «accueillir favorablement» la volonté de Credit Suisse de renforcer son activité de gestion de fortune, l’analyste estimant qu’il s’agit de celle apportant le plus de valeur pour l’actionnaire. Si ses résultats apparaissent moins volatils que ceux de la banque d’investissement, Credit Suisse vit tout de même une passe délicate en gestion de fortune, où les actifs approchent 800 milliards de francs (plus de 650 milliards d’euros) à fin 2012.
Les clients font en effet preuve d’une prudence accrue, la banque subissant dès lors une érosion de ses marges (la marge brute a baissé de 5 points de base sur un an à 1,10% au quatrième trimestre). Et la collecte nette de 2,9 milliards de francs sur le trimestre écoulé masque une décollecte de 4,4 milliards en Europe occidentale. Le directeur général Bradley Dougan craint de devoir concéder quelque 20 milliards supplémentaires de sorties d’ici deux à trois ans, sans douter du potentiel sur le long terme de l’activité.
En août dernier d’ailleurs, le concurrent Julius Baer avait annoncé le rachat de l’activité de gestion de fortune de Merrill Lynch en dehors des Etats-Unis. Une opération stratégique qui avait fait bondir d’un coup de 40% les actifs sous gestion de la banque suisse à 251 milliards de francs.
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