Cours du maïs : la fin de la descente aux enfers ?
Dans l’univers des matières premières – agricoles notamment – les périodes de pénurie et d’abondance peuvent se succéder à un rythme soutenu. Les évolutions récentes du marché du maïs l’illustrent parfaitement. La sécheresse américaine de l’été 2012 avait propulsé les cours à des niveaux records de plus de 8 dollars le boisseau (+39% en l’espace d’un mois). Ces prix extrêmement élevés avaient conduit à une rationalisation drastique de la demande, dans les biocarburants et dans l’élevage où l’abattage s’était accéléré en raison du net renchérissement de la nourriture animale.
Cette année, la situation s’est complètement inversée avec une excellente récolte dans l’hémisphère nord, principalement aux Etats-Unis. Le ratio stocks sur consommation s’est en conséquence nettement redressé outre-Atlantique (14,5% contre 5,8% l’année précédente). De plus, les tensions sur le blé et autres grains ayant quasiment disparu, le maïs ne représente même plus une alternative bon marché pour l’industrie agro-alimentaire. Enfin, l’industrie de l’éthanol américain (presque 40% de la demande de maïs local) est en surcapacité et devrait limiter sa consommation dans un avenir proche. Au total, les prix se sont effondrés en 2013 et s’approchent désormais des 4 dollars le boisseau, un niveau qui n’avait pas été observé depuis l’été 2010.
L’horizon pourrait toutefois se dégager en 2014. Concernant l’offre, les semis dans l’hémisphère nord seront probablement orientés vers les autres grains et oléagineux, plus rémunérateurs. De plus, la prochaine production agricole brésilienne devrait être plus favorable au soja.
Concernant la demande, elle pourrait se redresser précisément en raison de ces prix devenus plus attractifs. Des signaux en ce sens apparaissent : les exportations américaines dépassent régulièrement les prévisions ces dernières semaines et les marges dans l’élevage (porc notamment) sont redevenues nettement positives, ce qui devrait inciter les éleveurs à accroître le nombre de bêtes et à rallonger les durées d’engraissement et donc relancer la consommation de maïs.
L’incertitude reste importante comme toujours avec les marchandises agricoles mais les cours actuels nous semblent prendre en compte non seulement la situation actuelle de surproduction mais aussi anticiper des surplus importants à l’avenir. Une fois encore, un retournement de situation pourrait se produire plus vite que prévu.
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