Coup de semonce pour l’activité matières premières des géants de Wall Street
La gestion de stocks physiques de matières premières par les grands noms de Wall Street inquiète les autorités outre-Atlantique. Alors que depuis quelques années les acteurs traditionnels du secteur des commodities se sont publiquement alarmés de l’emprise sur le marché de JPMorgan, Goldman Sachs ou autres Morgan Stanley, la Fed a tiré vendredi un coup de semonce: l’autorité assure «surveille(r) régulièrement les activités des groupes sous sa supervision dans les matières premières et reconsidère(r) actuellement son jugement de 2003 selon lequel certaines de ces activités sont complémentaires aux activités financières et sont donc autorisées pour les banques».
Voilà donc les banques prévenues. Ont-elles bien vocation à exercer une influence grandissante sur la valeur des stocks des matières premières? Telle est la question posée par la Fed, dont des représentants ont selon le Financial Times discuté ces dernières semaines avec ces banques ayant reçu entre 2003 et 2008 l’autorisation de négocier non pas seulement les produits dérivés mais aussi les produits sous-jacents comme le pétrole ou les céréales.
Le débat pourrait rapidement s’intensifier si l’on en croit Reuters, qui assure que le régulateur des marchés à terme sur ces produits, la Commodity Futures Trading Commission, pourrait ouvrir formellement une enquête sur les activités physiques d’entreposage de métaux du fait de soupçons sur les prix pratiqués. La CFTC aurait récemment adressé un courrier à des banques et à des courtiers leur ordonnant de tenir à sa disposition tout document ayant trait à cette activité et datant des trois dernières années. Nombre d’utilisateurs finaux des métaux accusent les traders de perturber l’offre par un stockage excessif et d’ainsi faire gonfler artificiellement les prix.
Fort justement, ces nouvelles de la CFTC et de la Fed surviennent alors que la Commission bancaire du Sénat américain doit tenir à partir de demain des auditions sur le sujet. «Ces marchés sont trop importants pour autoriser en coulisses des machinations qui entraînent des distorsions de prix», a confié à Reuters le démocrate Bart Chilton, l’un des cinq membres de la commission et partisan déclaré d’une réglementation accrue.
Les banques de leur côté ont souligné que le fait de négocier les produits physiques leur permet de mieux comprendre le marché, au bénéfice de leurs clients.
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