Convaincre les Français d’investir dans les entreprises prendra du temps
Flécher l’épargne des Français vers les entreprises s’impose. Investie aux trois quarts en produits obligataires et livrets d’épargne, elle ne l’est que peu en actions.
En impulsant une réforme en faveur des fonds propres des entreprises, Bercy fait œuvre utile à condition de n’attendre ses fruits que sur le long terme.
Après l’institution de la flat tax à 30%, réforme-clé en tant que telle, c’est au tour des produits d’épargne d’être concernés. Or pour l’instant, les précisions décisives manquent.
Désireux d’éviter un « big bang » de l’assurance-vie déstabilisateur pour la dette française, le ministre Bruno Le Maire veut redynamiser le contrat euro-croissance en le simplifiant « drastiquement ».
Espérer pour autant décupler son encours en deux ans paraît présomptueux.
Le rapprochement des produits d’épargne-retraite pourrait produire des résultats nettement plus importants.
Mais là encore, les détails manquent pour mesurer l’ambition du gouvernement.
Enfin, si le renforcement du plan d’épargne en actions pour les PME et de l’accessibilité aux marchés de capitaux sont utiles, l’attrait des particuliers pour les actions n’en sera que peu renforcé.
La grosse déconvenue subie par beaucoup d’entre eux en 2001, peu après la vague de privatisations Strauss-Kahn, ne peut être oubliée à un moment où les Bourses sont redevenues chères.
Entre placements en actions, qui supposent un horizon long, et sécurité, convaincre les Français de changer leurs habitudes ni’ra pas de soi.
Dès lors, la volonté du gouvernement de renforcer les investissements des institutionnels publics, qui ont le temps pour eux, est bienvenue.
Même s’ils resteront loin des montants investis par les fonds de pension étrangers.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision. -
La perte abyssale de Volvo Cars le pousse à intensifier ses restructurations
Le constructeur suédois a lancé un nouveau plan d’économies de 5 milliards de couronnes, qui entraînera la perte de 2.500 emplois supplémentaires. -
« Nous gardons un biais positif sur les actions américaines »
Nicolas Laroche, Global Head of Advisory & Asset Allocation, UBP -
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.