Commerzbank se met à son tour sur les rangs pour racheter Postbank
Pour le patron de Commerzbank, la banque postale allemande est une « marque précieuse dont l’achat peut nous intéresser ». Et Klaus-Peter Müller d’estimer que son établissement a apporté la preuve l’an dernier de son savoir-faire dans la banque de détail, en gagnant quelque 400.000 clients nouveaux. Commerzbank compte actuellement 5,5 millions de clients particuliers en Allemagne et quelque deux millions en Pologne à travers sa filiale BRE-Bank.
Dans la course à la prise de contrôle de Postbank, forte de 15 millions de clients, Commerzbank se heurtera à la concurrence du numéro un Deutsche Bank. En attendant, la deuxième banque allemande a annoncé hier une progression de son résultat net de 20 % l’an dernier à 1,9 milliard d’euros, malgré des dépréciations de 800 millions d’euros sur son engagement dans les crédits immobiliers. La crise s’est notamment manifestée au quatrième trimestre dont le bénéfice net a chuté de 44 % à 201 millions d’euros.
« Nous avons tenu promesse et atteint, voire dépassé nos objectifs en dépit de défis colossaux », a déclaré le patron, ajoutant que la banque prévoyait de relever d’un tiers son dividende à un euro par action. Pour l’année en cours la banque n’exclut pas d’autres effets négatifs de la crise sur le marché des crédits, mais de dimensions moins importantes. Klaus-Peter Müller s’est dit confiant pour 2008, tout en affichant une certaine prudence. « Si des mauvaises surprises de taille nous sont épargnées, nous serons de nouveau en mesure d'égaler les bons résultats de 2007 », a-t-il estimé. Toutefois la banque prévoit de relever ses provisions pour risques à 700 millions d’euros contre 479 millions l’an dernier.
L’espoir de Klaus-Peter Müller repose sur les activités soutenues dans le financement des PME où la banque a dégagé l’an dernier un résultat d’exploitation de 1,2 milliard d’euros. « La conjoncture allemande va certainement ralentir et 2008 ne sera pas facile mais les entreprises nous signalent leur volonté d’investir », a déclaré celui qui cédera en mai prochain ses fonctions à Martin Blessing, l’actuel dirigeant du segment des entreprises. Selon les analystes, le recentrage de Commerzbank sur l’Allemagne a fait la preuve de sa viabilité, même en temps de crise. Reste que son intérêt pour Postbank a fait reculer son cours en Bourse hier, après l’apparition de doutes sur ses capacités de financement.
Plus d'articles du même thème
-
L’Italie progresse vers la création d’un groupe numérique souverain
Le conseil d’administration de Telecom Italia a approuvé de manière unanime l’offre publique d’achat de Poste Italiane qui valorise sa cible à 10,8 milliards d’euros. -
Le secteur technologique suscite le doute en Bourse
L’indice des valeurs exposées au secteur des semiconducteurs a perdu 20% depuis son pic du 22 juin, actant son entrée en «bear market», tout comme le Kospi coréen. Les investisseurs s'interrogent sur l'opportunité de se positionner sur les puces mémoires, les infrastructures, les hyperscalers, ou des modèles plus légers. -
L’Autorité de la concurrence alerte sur les risques de monopoles dans l’IA appliquée au e-commerce
Face au développement rapide des agents d'intelligence artificielle dotés d’autonomie, l'Autorité de la concurrence a mis en garde dans un avis, publié vendredi 17 juillet, contre le risque de voir quelques grands acteurs comme OpenAI renforcer leur domination sur l'économie numérique et le e-commerce. -
Les investisseurs scrutent le risque politique français
Le spread entre l’OAT et le Bund a progressé à 80 pb après la décision de justice qui a ouvert la voie à une candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Les investisseurs étrangers s’inquiètent. D’autres échéances politiques, comme au Royaume-Uni, animent également les marchés. -
Les économistes tentent d’évaluer le coût des canicules
Face à la répétition des vagues de chaleur, l’Europe subit un choc d’offre structurel qui détruit la productivité du travail à court terme et menace d’asphyxier l’investissement à long terme. En France, ce scénario de crise pourrait coûter plus de 270 milliards d’euros cumulés d’ici à 2030. -
La France a les atouts pour relancer sa compétitivité
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Natixis Investment Managers crée sa plateforme d’ETF actifs
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Think againRoyaume-Uni : Andy Burnham peut-il faire entrer la gauche dans le XXIe siècle ?
Le nouveau premier ministre britannique a certes obtenu des résultats comme maire de Manchester. Mais un Etat ne se gère pas comme une ville, et sa ligne demeure ambiguë -
Courant alternatifFace à la Chine et aux Etats-Unis, les puissances moyennes se réveillent
Porté par le rejet grandissant de la brutalité américaine, le Premier ministre canadien Mark Carney s'est imposé, depuis son discours de Davos, comme le chef de file d'une troisième voie pour peser face à Washington et Pékin -
EditorialParanoïa contre pensée unique : sur les ingérences, un débat devenu fou
La polémique enfle ces derniers jours autour d’un rapport sénatorial sur « la régulation de l’information dans l’espace numérique ». Ses critiques lui reprochent d’emprunter une pente liberticide sous prétexte de lutte contre la désinformation. A raison, au moins en partie.