Commerzbank se met à son tour sur les rangs pour racheter Postbank

Encouragée par un résultat net de 1,9 milliard d’euros en 2007, la deuxième banque allemande veut poursuivre sa croissance externe
Lothar Gries, à Francfort

Pour le patron de Commerzbank, la banque postale allemande est une « marque précieuse dont l’achat peut nous intéresser ». Et Klaus-Peter Müller d’estimer que son établissement a apporté la preuve l’an dernier de son savoir-faire dans la banque de détail, en gagnant quelque 400.000 clients nouveaux. Commerzbank compte actuellement 5,5 millions de clients particuliers en Allemagne et quelque deux millions en Pologne à travers sa filiale BRE-Bank.

Dans la course à la prise de contrôle de Postbank, forte de 15 millions de clients, Commerzbank se heurtera à la concurrence du numéro un Deutsche Bank. En attendant, la deuxième banque allemande a annoncé hier une progression de son résultat net de 20 % l’an dernier à 1,9 milliard d’euros, malgré des dépréciations de 800 millions d’euros sur son engagement dans les crédits immobiliers. La crise s’est notamment manifestée au quatrième trimestre dont le bénéfice net a chuté de 44 % à 201 millions d’euros.

« Nous avons tenu promesse et atteint, voire dépassé nos objectifs en dépit de défis colossaux », a déclaré le patron, ajoutant que la banque prévoyait de relever d’un tiers son dividende à un euro par action. Pour l’année en cours la banque n’exclut pas d’autres effets négatifs de la crise sur le marché des crédits, mais de dimensions moins importantes. Klaus-Peter Müller s’est dit confiant pour 2008, tout en affichant une certaine prudence. « Si des mauvaises surprises de taille nous sont épargnées, nous serons de nouveau en mesure d'égaler les bons résultats de 2007 », a-t-il estimé. Toutefois la banque prévoit de relever ses provisions pour risques à 700 millions d’euros contre 479 millions l’an dernier.

L’espoir de Klaus-Peter Müller repose sur les activités soutenues dans le financement des PME où la banque a dégagé l’an dernier un résultat d’exploitation de 1,2 milliard d’euros. « La conjoncture allemande va certainement ralentir et 2008 ne sera pas facile mais les entreprises nous signalent leur volonté d’investir », a déclaré celui qui cédera en mai prochain ses fonctions à Martin Blessing, l’actuel dirigeant du segment des entreprises. Selon les analystes, le recentrage de Commerzbank sur l’Allemagne a fait la preuve de sa viabilité, même en temps de crise. Reste que son intérêt pour Postbank a fait reculer son cours en Bourse hier, après l’apparition de doutes sur ses capacités de financement.

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