CNP adosse son épargne salariale à Humanis
CNP a trouvé un plan B pour son activité d’épargne salariale. L’assureur négocie le rapprochement de sa filiale Fongepar avec Inter Expansion, celle du groupe de protection sociale Humanis, comme l’ont révélé Les Echos hier. De sources proches des discussions, CNP Assurances ne détiendrait qu’une minorité de blocage dans le nouvel ensemble, compte tenu d’un rapport de force plus favorable à son partenaire, qui gère 2,5 milliards d’euros d’épargne salariale, soit un milliard de plus que Fongepar. Les deux groupes espèrent mettre en musique leur accord au 1er juillet 2013, une fois obtenus tous les feux verts nécessaires.
La compagnie d’assurance avait d’abord cherché à s’allier à Malakoff Médéric, dans le cadre d’un partenariat plus vaste en épargne retraite. Mais l’Autorité de contrôle prudentiel avait opposé son veto au projet de société commune à l’automne 2010, en raison de provisionnements insuffisants d’un portefeuille apporté par Malakoff. La mauvaise gestion de l’aléa prudentiel a écorné la confiance entre les deux groupes. Ceux-ci ont tenté de mettre en place un simple partenariat commercial, mais les mauvais résultats des tests ont incité début juillet CNP Assurances à jeter l’éponge.
L’assureur n’a pas eu à chercher longtemps pour se tourner vers Humanis, septième acteur de l’épargne salariale en France. Fongepar et Inter Expansion sont déjà membres d’un GIE pour la tenue de compte. Le groupe de protection sociale abrite par ailleurs l’Ipsec, l’institution de prévoyance des salariés des entreprises de la Caisse des dépôts et des collectivités locales. Cette dernière compte CNP Assurances, filiale à 40% de la CDC, parmi ses adhérents.
Le rapprochement des deux filiales donnerait naissance au cinquième acteur d’un marché dominé par Amundi et Natixis. Les arbitrages fiscaux, qui pénalisent depuis plusieurs années le secteur de l’épargne salariale, accroissent l’exigence de taille critique. D’autant que Fongepar a vu ses encours baisser de 20% depuis fin 2010.
«L’activité est difficile à rentabiliser, et a souffert du départ des Caisses d’Epargne», note un observateur. CNP a en effet racheté en 2011 la part de BPCE (35%) au capital de la société, pour 4,5 millions d’euros, un prix qui remet en perspective les valorisations dans le secteur.
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