Citi et Santander innovent sur le marché de la titrisation
Santander et Citi innovent en lançant un CLO (collateralized loan obligation) d’un peu plus d’1 milliard de dollars adossé à des créances d’import-export. L’opération, baptisée Trade Maps 2013-1, pourrait donner des idées pour faciliter le financement des échanges commerciaux par les institutions financières à l’heure où elles font face aux exigences en capital renforcées de Bâle 3.
Les documents de présentation de l’opération cités par l’International Financing Review évoquent «la première émission d’ABS faisant partie d’un programme monté par plusieurs banques pour financer des transactions liées à des activités d’import-export». Alors que les titrisations sur ce segment sont généralement des CLO synthétiques, c’est-à-dire construits à l’aide de dérivés de crédit, la transaction, montée par Morgan Stanley, est directement adossée aux créances.
Le portefeuille est constitué de quelque 7.340 créances accordées par des succursales des deux banques dispersées à travers le monde à quelque 175 débiteurs. Pour faire face au grand nombre de juridictions impliquées, 8 des succursales des banques basées à New York, Bahreïn, Hong Kong, Singapour, les Bahamas, Madrid et Londres vont vendre les créances à cinq véhicules ad hoc (special purpose vehicule ou SPV) en Irlande, à Singapour et à Hong Kong, lesquels vont accorder des titres au véhicule principal Trade Maps 1.
La tranche A de l’opération émise par ce dernier véhicule, équivaut à 874,5 millions de dollars et a été notée AAA par Fitch qui estime bien qu’il s’agit d’une nouvelle classe d’actifs. L’agence de notation fait valoir que les créances concernées sont de courte durée et ont des taux de défaut historiques bas. L’agence assure aussi que le niveau de rehaussement de crédit est suffisant: de 16,01% pour la tranche A, de 8,56% pour la tranche B de 77,6 millions de dollars (notée A), de 5,55% pour la tranche C (de 31,3 millions, notée BBB) et de 3,95% pour la tranche D (16,6 millions, notée B).
Les banques conserveront une partie du risque de la transaction puisqu’elles souscriront aux «programme subordinated notes» ou PSN. La portion d’equity serait de 2,88% pour Citi et de 5% pour Santander. Le portefeuille de cette banque est moins diversifié puisqu’elle n’a distribué que 303 des prêts que compte l’opération à 73 acteurs contre 7.033 auprès de 108 acteurs pour Citi.
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