Chypre desserre l'étau du contrôle des capitaux
Chypre a annoncé hier avoir bouclé les discussions avec ses bailleurs internationaux sur le plan d’aide de 10 milliards d’euros qui met lourdement à contribution les dépôts bancaires. Selon l’accord trouvé avec la Troïka (FMI, BCE et Union européenne), Nicosie versera un intérêt de 2,5% sur les prêts qui lui seront octroyés. Les premiers remboursements débuteront dans 10 ans et seront étalés sur 12 ans. Dans la foulée, le ministre des Finances chypriote Michael Sarris, appelé à témoigner devant la commission d’enquête sur la crise chypriote, a démissionné. C’est Harris Georgiades, jusque-là ministre du Travail et vice-ministre des Finances qui lui succède.
Par ailleurs, une semaine à peine après avoir mis en place un mécanisme de contrôle de capitaux afin d’éviter toute fuite massive en dehors du pays, Chypre desserre l’étau. Les autorités ont annoncé un allègement des contrôles sur les mouvements de capitaux en portant de 5.000 à 25.000 euros le plafond en dessous duquel les opérations sont dispensées de l’accord des autorités monétaires.
Nicosie a aussi décidé avec ses bailleurs de fonds de débloquer un quart des actifs gelés sur les comptes de Bank of Cyprus dont le solde dépasse 100.000 euros. La Troïka aurait également assoupli les termes du plan de sauvetage en donnant plus de temps à l'île pour atteindre ses objectifs de réduction de déficit, selon le Wall Street Journal. L’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international donnent désormais à Chypre jusqu’à 2017 au lieu de 2016 pour atteindre un excédent primaire de 4% du PIB.
Alors que les gros titulaires de comptes de la Bank of Cyprus pourraient perdre jusqu’à 60% de leurs dépôts au-dessus de 100.000 euros, les clients britanniques de la filiale britannique de la banque chypriote Laïki seront quant à eux épargnés. La Prudential Regulation Authority, le nouveau régulateur financier qui vient de reprendre une partie des missions de l’ex-FSA, a annoncé que les comptes, transférés chez sa concurrente Bank of Cyprus, ne seront pas touchés par la ponction prévue dans le cadre du plan de sauvetage chypriote.
Le plan de renflouement financier prévoit par ailleurs un programme de privatisations qui devrait rapporter au moins 1,4 milliard d’euros sur la période 2013-2016 ainsi que diverses mesures d’austérité : gel des retraites du secteur public, report de l'âge de départ à la retraire, relèvement des taxes sur l’alcool, le tabac et les carburants...
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français