Chypre consacre le retour sur les marchés de tous les pays sous programme
Près d’un an après avoir bénéficié d’un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros de la part de l’Union et du Fonds monétaire international (FMI), Chypre est revenu sur les marchés. Le pays a émis hier 750 millions d’euros de titres à 5 ans à 4,85%.
Réalisée dans le nouveau contexte de détente monétaire mis en place par la Banque centrale européenne, l’opération a attiré quelque 2 milliards d’euros de demande, d’après le ministère des finances chypriote. 51% des investisseurs dans la dette du pays, notée B par Standard & Poor’s et B- par Fitch, étaient des gestionnaires d’actifs. 27% étaient des hedge funds et 22% des banques. 54% des investisseurs sont britanniques, 23% viennent du reste de l’Europe et 14,5% de Chypre.
L’émission représente une nouvelle étape dans la sortie de crise financière des pays européens qui ont bénéficié d’un plan de sauvetage de l’Union et du FMI après avoir perdu leur accès au marché. En avril dernier, la Grèce est parvenue à lever 3 milliards d’euros de titres à cinq ans à un taux de 4,95%. Le Portugal est sorti mi-mai de son programme d’aide sans solliciter de filet de sécurité financier auprès de ses partenaires. A la fin de 2013, l’Irlande a été le premier pays à retrouver son autonomie.
Le secteur financier chypriote ayant subi de plein fouet la crise de la dette grecque, le gouvernement a dû le restructurer en mettant à contribution les actionnaires, les porteurs obligataires et même les déposants de la Banque de Chypre et de Laiki. Pour assurer le succès de l’opération, Nicosie a aussi mis en œuvre un contrôle des capitaux. Alors que son programme d’aide s’étend jusqu’au premier trimestre de l’année 2016, la Troïka a estimé en mai dernier qu’il était bien mis en œuvre.
Le déficit budgétaire a été ramené à 5,4% du PIB l’année dernière contre 6,4% en 2012. La dette qui représentait 112% du PIB à la fin de 2013 devrait en revanche continuer de croître. Après s’être replié de 5,4% en 2013, le PIB devrait reculer de 4,2% en 2014 contre 4,8% précédemment estimé. La croissance devrait revenir en 2015 (0,4%). Elle est notamment freinée par le chômage, dont le taux dépassait les 16% en avril selon Eurostat.
Dans son dernier compte-rendu de mission, la Troïka souligne que le gouvernement va devoir s’atteler à réduire le nombre de prêts douteux pour permettre au crédit de redémarrer, continuer à ajuster ses finances publiques et renforcer ses institutions notamment pour mieux lever les impôts.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah