Chypre consacre le retour sur les marchés de tous les pays sous programme

Le pays, qui bénéficie de l’aide de l’Union et du FMI jusqu’en 2016, a émis 750 millions d’euros de titres à cinq ans à 4,85%
Solenn Poullennec

Près d’un an après avoir bénéficié d’un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros de la part de l’Union et du Fonds monétaire international (FMI), Chypre est revenu sur les marchés. Le pays a émis hier 750 millions d’euros de titres à 5 ans à 4,85%.

Réalisée dans le nouveau contexte de détente monétaire mis en place par la Banque centrale européenne, l’opération a attiré quelque 2 milliards d’euros de demande, d’après le ministère des finances chypriote. 51% des investisseurs dans la dette du pays, notée B par Standard & Poor’s et B- par Fitch, étaient des gestionnaires d’actifs. 27% étaient des hedge funds et 22% des banques. 54% des investisseurs sont britanniques, 23% viennent du reste de l’Europe et 14,5% de Chypre.

L’émission représente une nouvelle étape dans la sortie de crise financière des pays européens qui ont bénéficié d’un plan de sauvetage de l’Union et du FMI après avoir perdu leur accès au marché. En avril dernier, la Grèce est parvenue à lever 3 milliards d’euros de titres à cinq ans à un taux de 4,95%. Le Portugal est sorti mi-mai de son programme d’aide sans solliciter de filet de sécurité financier auprès de ses partenaires. A la fin de 2013, l’Irlande a été le premier pays à retrouver son autonomie.

Le secteur financier chypriote ayant subi de plein fouet la crise de la dette grecque, le gouvernement a dû le restructurer en mettant à contribution les actionnaires, les porteurs obligataires et même les déposants de la Banque de Chypre et de Laiki. Pour assurer le succès de l’opération, Nicosie a aussi mis en œuvre un contrôle des capitaux. Alors que son programme d’aide s’étend jusqu’au premier trimestre de l’année 2016, la Troïka a estimé en mai dernier qu’il était bien mis en œuvre.

Le déficit budgétaire a été ramené à 5,4% du PIB l’année dernière contre 6,4% en 2012. La dette qui représentait 112% du PIB à la fin de 2013 devrait en revanche continuer de croître. Après s’être replié de 5,4% en 2013, le PIB devrait reculer de 4,2% en 2014 contre 4,8% précédemment estimé. La croissance devrait revenir en 2015 (0,4%). Elle est notamment freinée par le chômage, dont le taux dépassait les 16% en avril selon Eurostat.

Dans son dernier compte-rendu de mission, la Troïka souligne que le gouvernement va devoir s’atteler à réduire le nombre de prêts douteux pour permettre au crédit de redémarrer, continuer à ajuster ses finances publiques et renforcer ses institutions notamment pour mieux lever les impôts.

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