Christine Lagarde serait prête à lever le voile sur ses ambitions au FMI
Le Roi est mort, vive la Reine. Après avoir suscité une très large adhésion auprès des responsables européens, le ministre français de l’économie et des finances, Christine Lagarde, pourrait annoncer dès ce matin sa candidature à la direction générale du FMI, selon des sources diplomatiques concordantes. Une conférence de presse «importante» doit en effet avoir lieu au ministère à 11h45.
Suite à la démission de Dominique Strauss-Kahn, un consensus semble en effet s’être dessiné autour de la candidature de Christine Lagarde au sein de l’Union européenne qui souhaite garder ce siège afin de gérer au plus près la crise souveraine. La chancelière allemande Angela Merkel, qui a confirmé que l’Allemagne ne présentera pas de candidat, a manifesté son «estime particulière» pour le ministre de l'économie. Et le chancelier de l’échiquier britannique, George Osborne, de considérer que «Christine Lagarde est la candidate évidente pour le FMI».
Mais Christine Lagarde devra composer avec les aspirations croissantes des pays émergents qui souhaitent rompre avec la tradition selon laquelle le poste de directeur général du FMI revient à un Européen. Dans le premier communiqué conjoint diffusé par leurs représentants au FMI, les BRIC (avec l’Afrique du Sud) réclament d'«abandonner cette règle obsolète et non écrite selon laquelle le chef du FMI doit être européen».
Malgré les réformes engagées par Dominique Strauss-Kahn, l’Union européenne détient 32% des droits de votes et les Etats-Unis 16,7%. Ces derniers, qui bénéficient historiquement de la direction de la Banque mondiale, n’ont pas soutenu la candidature de leur voisin Agustin Carstens, président de la banque centrale du Mexique. «Ils ont salué le fait que je me porte candidat et ils ont jugé qu’il s’agissait d’un élément important dans le processus» mais tiennent à rester «complètement neutres», a indiqué Agustin Carstens.
Alors que la Russie soutient la candidature du gouverneur de la banque centrale du Kazakhstan, Grigory Marchenko, et que l’Afrique du Sud pourrait présenter son propre candidat, Christine Lagarde pourrait également bénéficier du manque d’unité des BRIC autour de la candidature mexicaine. François Baroin indiquait d’ailleurs hier qu’elle bénéficiait du soutien de la Chine, alors que Bloomberg croit savoir que le Brésil soutiendrait officieusement la candidate française.
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