Charles Schwab doit rembourser les frais cachés de son robo-advisor
Certains frais sont plus difficiles à débusquer que d’autres. Ceux du courtier américain Charles Schwab dévoilés par la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américain, étaient particulièrement bien cachés. La Securities and Exchange Commission accuse trois filiales de conseil en investissement financiers de Charles Schwab de ne pas avoir révélé qu’entre 2015 et 2018, elles allouaient les fonds de leurs clients d’une manière qui, selon leurs propres analyses internes, étaient moins rentable dans la plupart des conditions du marché. Cette allocation était effectuée via un robo-advisor. Alors que celui-ci était censé proposer une répartition optimale des actifs des clients selon leur profil de risque, il était programmé pour surpondérer les liquidités par une «méthodologie de construction de portefeuille disciplinée», indique la SEC.
Le cash déposé sur les comptes des clients était ensuite utilisé comme moyen de refinancement par la banque affiliée de Schwab pour son activité de prêts. La société touchait donc des revenus d’intérêts - la différence entre le coût auquel elle se finance et celui auquel elle prête - sur la trésorerie gonflée de sa clientèle. Alors que Schwab assurait que son robo-advisor ne percevait ni frais de conseil, ni frais cachés, l’entreprise n’a pas informé ses clients que ses portefeuilles pouvaient se révéler moins performants qu’attendu. C’est cette moindre performance qui a été assimilée à des frais cachés.
«Schwab a affirmé que le montant des liquidités dans ses portefeuilles de robo-advisor était déterminé par des algorithmes économiques sophistiqués destinés à optimiser les rendements de ses clients alors qu’en réalité, il était déterminé par le montant d’argent que l’entreprise voulait gagner», a déclaré Gurbir Grewal, directeur de la division d’enquête sur les valeurs mobilières de la SEC dans un communiqué.
Sans admettre ni infirmer les accusations de la SEC, Charles Schwab a transigé pour arrêter les poursuites en acceptant de régler 187 millions de dollars (180 millions d’euros), dont une amende civile de 135 millions de dollars et 52 millions de dollars de restitution aux clients. Les filiales du courtier vont recourir aux services d’un consultant indépendant pour «revoir leurs politiques et procédures relatives à la publicité et au marketing de leur robo advisor», indique la SEC.
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