Calpers va drastiquement réduire le nombre de ses gérants externes
Calpers poursuit le recentrage de sa stratégie d’investissement. Consécutive à l’arrivée en septembre dernier du nouveau directeur des investissements Ted Eliopoulos, qui avait pris la décision de sortir des «hedge funds», la nouvelle feuille de route du premier fonds de pension américain prévoit de diviser par deux le nombre de gérants externes avec lesquels il travaille. Le segment du capital-investissement, dans lequel Calpers avait déjà indiqué vouloir réduire la voilure en janvier, sera le plus touché, avec une réduction du pool de gérants de 100 à 30.
«[Notre objectif] est de faire la meilleure affaire en termes de coûts et de commissions», a indiqué Ted Eliopoulos au Wall Street Journal, en précisant que le nombre de gérants passera de 212 à environ 100. Contrairement à la liquidation des avoirs de 4 milliards de dollars (3,6 milliard d’euros) dans les «hedge funds», la décision ne réduira pas sensiblement la part des actifs gérés en externe, a souligné le dirigeant. Le plan, qui sera détaillé le 15 juin au comité d’investissement, vise à réduire des frais et commissions de performance qui ont totalisé 1,6 milliard de dollars en 2014, pour 300 milliards d’actifs gérés.
La réduction du pool de gérants se fera progressivement, à partir d’une évaluation des fonds devant commencer en juillet. En sus du coût, elle prendra en compte les performances, la durée de la relation avec le gérant et la stratégie du fonds. Outre les gérants de capital-investissement, parmi lesquels figurent Carlyle, KKR et Blackstone, l’immobilier sera le plus touché en passant de 51 à 15, tandis que les gérants externes d’actions et d’obligations passeront de 60 à 30. A l’inverse les gérants externes spécialisés dans les infrastructures doubleront à une dizaine.
Alors que le débat s’intensifie autour de la justification de la rémunération des gérants, notamment dans la gestion active, le mouvement de Calpers, souvent considéré comme un prescripteur de tendances, pourrait faire tache d’huile au sein des institutionnels. La semaine dernière, dans son rapport annuel, le fonds souverain Abu Dhabi Investment Authority disait vouloir renforcer ses équipes internes, après avoir déjà réduit en 2014 de 75% à 65% la part des actifs confiés à des gérants externes.
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