Buenos Aires entretient la confusion quant à sa stratégie de sortie de crise
Engagé il y a douze ans, le bras de fer entre l’Argentine et ses créanciers obligataires réserve chaque jour son lot de surprises. La Cour suprême des Etats-Unis a relancé la bataille lundi en laissant choir le pays, le contraignant de fait, conformément à la décision d’août 2013 de la Cour d’appel de New York, à verser 1,3 milliard de dollars aux créanciers qui avaient refusé les offres de restructuration de dette formulées en 2005 et 2010. Ces porteurs sont emmenés par les fonds alternatifs NML Capital (propriété d’Elliott Management) et Aurelius Capital Management.
Les discours des officiels argentins ont depuis lors entretenu la confusion. Dès lundi, la présidente Cristina Kircher a promis de défier la justice américaine, avant qu’un avocat représentant le gouvernement n'évoque une réunion la semaine prochaine à New York avec les fonds afin de négocier une issue. Ce voyage n’est pas prévu, a assuré hier le Secrétaire général du gouvernement Jorge Capitanich. L’Argentine clame qu’il lui sera impossible d’honorer ses engagements sur la dette restructurée, passant par un versement de 900 millions de dollars dès le 30 juin, tout en payant les créanciers récalcitrants. D’autant que le fait de se plier aux exigences de la justice américaine pourrait entraîner des demandes en cascade évaluées à quelque 15 milliards de dollars par Buenos Aires.
Alors que l’Argentine «n’a pas les bonnes cartes en main», selon le gérant Edwin Gutierrez d’Aberdeen, le pays assure qu’il cherche avant tout à contenter les porteurs de dette restructurée. Il tenterait dans ce contexte d’effectuer le tout prochain paiement sous les auspices de la loi argentine en échangeant des obligations de droit new-yorkais contre des titres de droit local. Une telle initiative «n’aurait rien d’une promenade de santé», selon Citigroup, qui souligne que les nouvelles obligations ne seraient pas éligibles aux indices et se trouveraient en contravention avec la loi américaine sur l’évasion fiscale.
Si le gouvernement argentin semble naviguer à vue, JPMorgan veut croire qu’il s’agit d’une stratégie avant d’entrer en négociations. Le pays dispose d’un délai d’un mois au-delà du 30 juin avant d’être déclaré en défaut. Elliott Management de son côté serait disposé selon Bloomberg à accepter des obligations pour paiement de la dette tombée en défaut en 2001. Un scénario déjà utilisé récemment par Buenos Aires afin de dédommager l’espagnol Repsol de la saisie de sa filiale YPF en 2012.
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