Bruxelles veut parachever rapidement l’union bancaire
Jean-Claude Juncker a tiré plus tôt que prévu. Depuis plusieurs semaines on entendait que les propositions des présidents des cinq institutions communes - la Commission européenne, qu’il préside, en tête - ne seraient pas rendues publiques avant la rentrée. Principale cause de ce report, l’extrême prudence française quant à tout débat sur une réforme de l’Union économique et monétaire (UEM) qui pourrait se traduire par un transfert de souveraineté plus grand et une modification des traités… avant les élections de 2017.
Emboîtant le pas au président de la BCE qui en appelait cette semaine à un «saut quantique» de l’UEM, le président de la Commission a finalement choisi de prendre position lundi.
Le rapport Juncker, cosigné par Donald Tusk, Jeroen Dijsselbloem, Mario Draghi et Martin Schulz, respectivements présidents du Conseil, de l’Eurogroupe, de la BCE et du Parlement, plaide pour une «union financière». Il recommande en particulier la création d’un «système unique de garantie des dépôts» financé par l’industrie à moyen terme, sur le modèle du fonds de résolution unique. Dans un premier temps, d’ici à 2017, un «dispositif de réassurance européen des systèmes nationaux de garantie des dépôts» permettrait de faire un premier pas vers la mutualisation des risques.
Pour la résolution également, les présidents enjoignent aux 19 de trouver «un accord rapide» sur le financement-relais du fonds de résolution qui sera créé en 2016… sans un euro d’argent en caisse. A moyen terme, la création d’une «ligne de crédit» au sein du Mécanisme européen de stabilité permettrait de venir en soutien du Fonds dont les réserves ne dépasseront pas 55 milliards d’ici à 8 ans.
Les calculs politiques qui laissaient prévoir un report de ce débat n’ont toutefois pas disparu. Les propositions concernant la création d’une capacité budgétaire commune ou le renforcement de l’Eurogroupe restent modestes et sont envisagées pour la plupart à moyen terme, comme le souhaitaient Paris et Berlin. Un groupe d’experts se verrait confier la tâche de réfléchir à un «mécanisme de stabilisation générale pour la zone euro». La présidence à plein temps de l’Eurogroupe serait repoussée après 2017 et la possibilité d’un «Trésor de la zone euro» est simplement évoquée, sans être définie.
Ces propositions figureront à l’agenda les chefs d’Etat et de gouvernement qui se revoient jeudi et vendredi à Vingt-Huit lors du Conseil européen.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie