Bruxelles refuse toute surenchère financière pour aider l’Ukraine
Les consultations entamées entre l’Union européenne et les Etats-Unis en vue d’un éventuel soutien en sont à un stade «très préliminaire»
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Yves-Marc Le Réour
L’Ukraine devra encore patienter avant de recevoir un éventuel soutien des pays occidentaux. C’est ce qui ressort des propos tenus hier par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a démenti la préparation d’un plan d’aide financière massive pour ce pays. «Nous n’allons pas entrer dans un processus de surenchères pour déterminer qui paie le plus» pour tenter de convaincre l’Ukraine de signer un accord d’association, a affirmé le dirigeant européen, tout en reconnaissant l’existence d’une réflexion sur les moyens d’aider le pays à surmonter la grave crise économique, et désormais politique, à laquelle il fait face.
Le département d’Etat américain a de son côté déclaré hier soir qu’il avait «entamé des consultations avec l’UE (...) et d’autres partenaires à propos du soutien dont l’Ukraine pourrait avoir besoin après la formation d’un nouveau gouvernement technique», ajoutant que les consultations en étaient à un stade «très préliminaire».
Bruxelles ne prévoit pas de débloquer d’aide supplémentaire par rapport à celle qui était prévue dans l’accord d’association rejeté en novembre dernier par le président ukrainien Viktor Ianoukovitch. Cet accord, qui reste d’actualité, promettait à l’Ukraine un prêt de 610 millions d’euros en cas d’accord avec le FMI et il évaluait à 19 milliards d’euros le montant des prêts et dons dont bénéficierait Kiev sur 7 ans. Un responsable européen a déclaré à Reuters que les Vingt-Huit ne disposaient pas de fonds en réserve, en plus de ceux qui ont déjà été budgétés.
Selon José Manuel Barroso, la Commission regarde avec ses partenaires «s’il est possible de faire un peu plus», mais il s’agirait au mieux d’un coup de pouce à court terme. «Notre meilleure offre à l’Ukraine, c’est l’accord lui-même. Nous offrons à l’Ukraine l’accès au plus grand marché du monde qu’est le marché intérieur de l’Union européenne», a souligné celui-ci.
Le soutien des pays occidentaux est d’autant plus crucial pour Kiev que le président russe Vladimir Poutine a suspendu la semaine dernière son plan de renflouement jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement chez son voisin. La Russie, qui s’était engagée en décembre dernier à prêter l’équivalent de 11 milliards d’euros à l’Ukraine via l’achat d’obligations d’Etat, a jusqu’ici acquis des titres à hauteur de seulement 20% de ce montant.
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