Bruxelles pointe à nouveau les déséquilibres français
A l’occasion de la publication hier de son bilan économique approfondi de 18 Etats membres, lancé en novembre dernier, la Commission européenne a sorti le carton jaune contre cinq pays pour leurs déséquilibres économiques « excessifs » : la France, l’Italie, le Portugal, la Croatie et la Bulgarie (ces deux derniers ne sont pas membres de la zone euro). Bruxelles estime que ces déséquilibres pèsent sur leur croissance et doivent être corrigés au plus vite.
« Les motifs principaux de notre inquiétude sont la persistance d’un endettement élevé, qu’il soit public ou privé, la vulnérabilité du secteur financier et/ou la détérioration de la compétitivité », a indiqué hier à la presse le vice-président de l’exécutif européen en charge de l’euro, Valdis Dombrovskis. Il est notamment reproché à la France une réduction du déficit public plus lente que le reste de la zone euro, des dépenses publiques peu efficaces, sa faible compétitivité, l’alourdissement de sa fiscalité et un marché du travail problématique. Pour l’Italie, le danger provient surtout de son niveau d’endettement et « la faiblesse prolongée de sa productivité ». Bruxelles s’inquiète particulièrement du risque de contagion de ces deux pays, étant donné leur poids dans l’économie européenne.
L’Allemagne blâmée pour son excédent
C’est la deuxième fois d’affilée qu’à l’occasion du bilan approfondi annuel, la France, ainsi que les quatre autres pays, se voient reprocher leurs faiblesses économiques et le manque de réformes. Les efforts faits par la France pour appliquer les recommandations spécifiques de Bruxelles (qui en formule pour chaque pays présentant un déséquilibre) n’ont pas suffi. Une double peine puisque la France fait également l’objet, comme six autres pays de l’UE, d’une procédure de déficit excessif. Outre Paris, seuls le Portugal et la Croatie sont épinglés pour leurs déséquilibres « excessifs » à la fois en matière macroéconomique et de finances publiques.
Même l’Allemagne n’échappe pas totalement aux critiques. Elle fait partie des sept pays présentant des déséquilibres (non excessifs), aux côtés notamment des Pays-Bas, de la Suède et de l’Espagne. Bruxelles souligne en particulier son important excédent courant.
L’exécutif européen a le pouvoir de rejeter les budgets nationaux et de sanctionner les Etats qui ne remédient pas à leurs déséquilibres. Il n’en a pas encore fait usage. Il abordera les faiblesses des pays avec leurs gouvernements respectifs au cours des deux prochains mois.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie. -
Le risque de défaut progresse sous contrôle
Les entreprises high yield continuent de profiter d’un marché primaire actif offrant une forte liquidité leur permettant de se refinancer. Les taux de défaut ont grimpé à 4% en Europe comme aux Etats-Unis, et devraient se maintenir à ce niveau, avec des risques surtout spécifiques. -
L'agrément MiCA devient la meilleure publicité des acteurs crypto
A quelques jours de l'échéance du règlement européen MiCA, les acteurs crypto agréés en font un argument marketing de taille, en espérant rafler les clients et actifs des plateformes n'ayant pas reçu le précieux sésame. -
BNP Paribas sécurise sa bancassurance en Italie
BNP Paribas Cardif, la compagnie d’assurance du groupe, renforce son partenariat avec le groupe BCC Iccrea et le prolonge jusqu’en 2039.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027