Bruxelles infléchit son cap sur la régulation financière
La nomination du Britannique Jonathan Hill comme successeur de Michel Barnier est vue à Bruxelles comme un habile coup politique du nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Alors que le Premier ministre britannique s’était opposé à sa nomination, le Luxembourgeois offre au Royaume-Uni le poste le plus stratégique pour l’industrie financière. «C’est une grande nouvelle puisque 40% de l’industrie financière est au Royaume-Uni», a commenté David Cameron mercredi.
Elle a été accueillie avec des cris d’orfraie par quelques parlementaires de gauche qui y voient le signe d’un revirement de la politique suivie sous la commission Barroso 2, où Michel Barnier s’était fait l’apôtre d’une «re-régulation». Lord Hill - qui a été conseiller du Premier ministre John Major, a exercé pendant plusieurs années dans l’industrie des relations publiques, et présidait jusqu’en juillet la Chambre des Lords - est vu comme un allié objectif de la City. Son audition par la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, dans deux à trois semaines, s’annonce donc animée. Mais si le blocage d’un commissaire par le parlement est possible, elle semble peu probable dans le cas du Britannique. «On ne voit pas les chefs de groupe laisser mettre en danger l’architecture imaginée par Juncker», explique une source au Parlement.
Cette nomination s’accompagne d’une inflexion stratégique. Le portefeuille confié à Lord Hill est sans précédent: stabilité financière, services financiers et «union des marchés de capitaux». La lettre de mission du nouveau commissaire met en avant la contribution des marchés au financement de l’économie, la relance de la titrisation, la réduction du coût du capital et le développement d’«alternatives à la dépendance des entreprises aux financements bancaires». Surtout, le Britannique se voit confier la mission de créer «une union des marchés de capitaux bien régulée et intégrée» dont le contour reste à dessiner.
Les marges de manœuvre du nouveau commissaire pourraient être réduites par rapport à celles de son prédécesseur. Il travaillera en effet sous l’autorité d’un vice-président, Valdis Dombrovskis, qui disposera, à l’instar du président Juncker, du pouvoir de bloquer une initiative législative ou au contraire de la susciter. Lord Hill a assuré vouloir «bâtir sur l’important héritage de Michel Barnier pour s’assurer que nous disposions de marchés financiers stables et bien régulés».
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